vendredi 8 mars 2013

Des étagères faciles à faire

Oh là ! J'entends d'ici les protestations de toutes part, voire du monde entier (cf. mon post du 2 Mars).
Quoi ! Sous le prétexte de parler de restauration, il nous rase avec une leçon primaire d'ébénisterie !
Attendez ! Laissez-moi m'expliquer! Si vous faites de la restauration, c'est que vous avez beaucoup de livres. Il vous faudra bien les ranger. D'accord, si vous faites de la reliure d'art, un carton à chapeau vous suffira, pour la vie. En restauration, vous pouvez produire un livre par semaine, soit 52 par an, donc 520 en 10 ans. Ca prend de la place tout ça ! CQFD.
Si je ne vous ai pas convaincu, tant pis pour vous. Collectionnez autre chose; les timbres-postes, ou les coléoptères. Ca prend moins de place.

Je reviens à ma question. Comment faire des étagères en vrai bois, peu coûteuses, ajustables en hauteur,  faciles à fabriquer avec une bonne précision ? En somme des étagères style IKEA, celles qui sont pleines de trous.
Qui a dit "la solution: ben ! aller chez IKEA" ?. Tiens, elle est bonne celle là, j'y avais pas pensé !
O.K. la solution IKEA a toutes les qualités sauf une: votre étagère n'est pas à vos mesures. Vous perdez une place précieuse sur un mur que vous pouviez mieux exploiter. Et c'est dommage !

Donc voici ma méthode. Elle est illustrée par les photos.

I. Le projet
D'abord, faire un dessin côté de son projet sur papier (Photo 1: ici il s'agit d'une étagère en  hauteur, occupant l'angle haut d'une pièce et le dessus d'une porte. Voir photo finie Numéro 15). La structure en noir est une structure rigide. Les étagères représentées en pointillé seront mobiles.
En butée sur un mur ou un meuble (ici il y a un mur à droite), on ménagera un espace d'au moins 8 cm pour permettre la manipulation des taquets qui supportent les étagères. Cet espace sera caché par un volet.

II. Le matériel

     - Des planches en quantité suffisante pour le projet. On trouve maintenant dans tous les magasins de bricolage des planches peu coûteuses, fabriquées industriellement par assemblage collé de planchettes de bois (Photo 2). Elles donnent un excellent effet "bois naturel". Je conseille des planches de 30 x 200 x 1,8.
     - Une scie sauteuse
     - Une perceuse dont je conseillerai vivement le montage sur colonne de perçage. Personnellement, j'ai trouvé chez L...y-M....n, magasin de bricolage dont je ne dévoilerai pas le nom, une perceuse à colonne moins chère que la colonne de perçage (il y a 2 ans, c'est vrai). Un vrai bonheur (Photo 3)!
     - Le système de taquets pour supporter les étagères est constitué de boulons poëliers de 8 mm à tête fendue, longueur 40, écrous et rondelles assortis, de tiges filetées de 8 mm, longueur 60, et enfin de manchons de diamètre intérieur 8mm, longueur 20 (Photo 4). J'ai trouvé ces manchons et les tiges filetées, par Internet, chez  "CCB Composants S.A.", le reste dans le commerce courant.

III. Préparation et montage

Les photos suivantes parlent d'elles mêmes.

     - Couper les planches suivant le plan (Photo 5). Tracer le repérage de position des trous pour les taquets (Photo 6). Positionner sous la colonne de perçage (Photo 7). Comme ça, on fait des trous partout; ça va moins vite qu'avec une mitraillette mais c'est plus précis ! (Photo 8).

     - Assembler la structure rigide au sol (Photo 9). Perso, j'utilise la technique du "vissé-collé". Les planchettes diagonales visibles au fond assureront provisoirement la rigidité de la structure pendant le transport. Prévoir les fixations murales (équerres visibles sur la photo). Fixer la structure au mur (Photo 10).

IV. Les taquets et les étagères
 
Les photos 11, 12, 13 illustrent les 3 dispositions de taquets. "11" pour supporter une étagère courante. "12" lorsque un côté est peu accessible au tournevis (cf. l'espace vide prévu dans le projet). "13" lorsque on veut disposer deux étagères droite et gauche au même niveau.
Couper les étagères suivant le plan. La photo 14 montre les taquets, les étagères. On aperçoit l'espace réservé à droite pour la manipulation des taquets.
La photo 15 montre l'ensemble fini, avec le volet cache à droite.

Temps de travail. Deux jours de retraité ! Et un retraité, ça se lève tard. Cool !

Voilà, y'a plus qu'à mettre les bouquins. Ya ka !


dimanche 3 mars 2013

Deux nouveaux livres

Deux livres finis depuis longtemps (finis...si l'on veut ! En restauration, on peut toujours continuer: mais c'est parfois de l'acharnement thérapeutique) .Pourquoi je les ai pas mis plus tôt ? Ben ! Faut prendre les photos, les réduire, les assembler sur Picasa (y'a tout dans Picasa, mais quel foutoir !), taper le message... J'ai pas que ça à faire, moi ! Sacrebleu !

Pour une fois, j'ai mis quelques photos avant et après restauration... pour faire taire ceux qui croient que je les achète finis. Bien sûr, y'en a qui diront que je ne photographie que les bonnes pages. Je n'ai que mépris pour ces gens là, c'est des jaloux !!!

samedi 2 mars 2013

Ki c'est ki lit ce blog ?

Mon blog est maintenant ouvert depuis 1 mois. Je me suis demandé si par hasard quelqu'un au moins l'avait ouvert. Or il se trouve que Google donne des statistiques en nombre de pages lues.
Et bien tenez-vous bien (je m'adresse aux millions d'internautes susceptibles d'y accéder), à ce jour, mon blog a été ouvert 200 fois exactement depuis sa création ! Par qui donc, je vous le demande ?

Des mauvaises langues m'ont dit que c'est moi qui avait dû l'ouvrir 199 fois (j'ai enlevé une unité car je sais un ami qui l'a ouvert, pour me faire plaisir).
Faux ! dans les 200 pages lues, 21 l'ont été depuis les Etats-Unis, 13 depuis l'Allemagne, 4 depuis le Royaume-Uni. J'aurais donc fait le tour du monde en 15 jours ! Mieux que Philéas Fogg !
Il y a encore des mauvaises langues pour dire que ce sont des gens qui cherchaient à bequeter dans le coin (le blog s'appelle Restauration-91). Ils auraient tapé "Restaurant Essonne" sur Google qui les aurait envoyés chez moi. Et bien, non, d'abord ça ne marche pas, j'ai essayé, et puis 38 personnes préparant, de l'étranger, au même instant, un voyage à Corbeil ou à Montgeron, franchement, je n'y crois pas. Il n'y a rien à faire ni à Corbeil ni à Montgeron. Ca ne tient pas.

Donc je dois en conclure que mes messages sont consultés avec avidité par des relieurs du monde entier, aux USA, en Allemagne..., peut être demain en Birmanie, au Zimbabwe ou en Laponie pour la restauration de vieux documents sur feuilles d'eucalyptus, de bananier ou de peau de phoque retournée.
Je ne vois pas d'autre explication possible. Je m'en réjouis.

Mais si ce n'est qu'un artefact de l'informatique, tant pis, je continuerai quand même.

jeudi 21 février 2013

La colle au micro-ondes

Peut-on préparer la colle de pâte au micro-ondes ?
Les avis sont partagés. Il y a les inconditionnels de la casserole, car on-a-toujours-fait-comme-ça-et-que-c'est-comme-ça-qu'on-doit-faire. On les reconnaît facilement au bruit de leurs chevaux sur le pavé. Puis il y a ceux pour qui une seconde de gagnée est toujours autant de pris sur la faucheuse, qui nous lorgne avec insistance et finira bien par nous alpaguer.
A la question posée, ma réponse est oui, on peut faire une très belle colle de pâte au micro-ondes.
Mais là, question de chiffres, je suis obligé de répondre: ben! ça dépend!
Ca dépend de votre cuillère pour doser la farine, de votre micro-ondes, de la puissance affichée, et de la fermeté de la colle souhaitée. Seul moyen, faire des essais avec une cuillère définitivement réservée à cet  usage, un petit tube marqué à hauteur des 5 cuillères d'eau, et une montre affichant les secondes. En choisissant une puissance donnée (personnellement, je choisis une puissance modérée), on cherchera le temps au bout duquel l'ébullition vient de commencer. Personnellement, je conseillerai de partager ce temps en deux de façon à homogénéiser le mélange eau-farine à mi-parcours.
Pour indication, mon micro-onde est un 750 W que je mets à puissance 8 (sur un maximum de 10). Ma cuillère à soupe est plutôt petite (ne vous inquiétez pas pour moi, pour la soupe j'en reprend). Je chauffe en deux temps de 25 secondes (puis homogénéisation) puis 22 secondes. 2 secondes de moins et j'ai une colle plutôt fluide, 2 de plus et ma colle est (après refroidissement) plutôt dure.
Voilà, c'est prêt. Y'a plus qu'à servir. Bon appétit !
Bien entendu, à la fin de l'opération, on note les paramètres ainsi mis au point (puissance 8, temps=25 +22 secondes par exemple). En les reproduisant identiquement, on réussira toujours sa colle de la même façon.

mercredi 20 février 2013

Traitement quasi-réversible des mouillures

Les mouillures des pages d''un livre sont à ce point disgracieuses qu'elles donnent le plus souvent envie de passer l'ouvrage à la poubelle. Les solutions pour y pallier sont peu nombreuses. En plus il y le souci de la réversibilité (en principe, une restauration doit pouvoir être neutralisée de façon à retourner à l'état primitif).  Les solutions habituellement proposées sont les suivantes:
   - le lavage en eau claire. Il exige le débrochage de l'ouvrage. La solution respecte la réversibilité. Mais le résultat est souvent décevant.
   - le lavage en solution chlorée (eau de Javel). Pas toujours aussi efficace que l'on croit. Atteint le papier dans sa structure. Méthode généralement déconseillée. Exige le débrochage de l'ouvrage. Solution considérée comme non réversible.
   - Ne rien faire. Méthode fortement conseillée qui ne détériore absolument pas l'ouvrage. Respecte la réversibilité. Mais méthode qui ne calme pas l'envie de passer l'ouvrage à la poubelle.
...et c'est tout !

La méthode que je propose m'a donné un résultat satisfaisant. Cependant, il ne faut pas oublier que toute méthode de restauration ne vaut que pour un cas, un papier, un problème, un état de conservation donnés. Il n'y a pas de solution universelle. Au mieux une méthode peut être utilisée après une mise au point soignée sur un cas test. Au pire, elle ne convient pas pour le cas traité.

La méthode que j'ai employée ne nécessite pas le débrochage de l'ouvrage. Je la qualifie de quasi-réversible; on verra pourquoi. Elle nécessite le matériel suivant: un crayon de couleur-aquarelle blanc (crayon que l'on peut mouiller et permet de peindre. On en trouve sous la marque "stabilo" ou d'autres), un morceau de papier de verre fin (type utilisé en reliure), des pastels secs de couleurs blanche, ocre et marron, un tissu doux ou un sopalin. La technique est résumée par les 5 photos ci-après.

1. On aperçoit la mouillure. Elle comporte en général une bordure nettement marquée (auréole). On ponce légèrement cette bordure, ce qui a pour effet d'ôter le glaçage superficiel de la feuille.

2. On colore cette bordure au crayon blanc mouillé, en évitant toutefois un apport d'eau excessif pour ne pas créer de nouvelle auréole. Personnellement, je trempe la mine dans un récipient d'eau puis je l'essore en la glissant sur une éponge. Insister, la bordure doit être invisible sous la couleur. Le crayon permet de passer même entre les lignes de texte, voire les mots ou les lettres.

3. Après séchage, on ponce doucement le crayonnage blanc. La brillance du crayon doit disparaître. Si l'on ponce trop, on risque de voir réapparaître l'auréole. Sur les zones avec texte, on poncera en tirant une seule fois le papier de verre appuyé sur la feuille. Le texte ne sera pas atteint.

4. On applique très largement un pastel blanc, puis un zig-zag de pastel ocre, enfin quelques points de pastel marron. La pratique apprendra à doser les couleurs, suivant le papier, son état, etc...

5 On essuie doucement la zone avec le tissu doux. La mouillure a quasiment disparu.

L'opération peut être reprise tant que l'on n'est pas satisfait, mais il ne faut pas oublier qu'en restauration, le mieux est souvent l'ennemi du bien. Enfin si l'on est intransigeant, je conseille d'acheter des livres neufs, et  surtout de ne pas les mouiller.

Une mouillure se retrouve nécessairement sur les deux faces de la page. On attendra la fin de l'opération précédente (surtout le séchage), avant d'attaquer le revers.

Je qualifie la méthode de quasi-réversible, en raison des ponçages légers 1 et 3. Quant au crayon-aquarelle, je ne sais pas... Globalement, je pense que la méthode dégrade peu le support.

samedi 16 février 2013

Réfection d'un coin de la couverture

Il y a des rats de bibliothèque qui dévorent les livres, mais il y a aussi aussi de vrais rats, des bébêtes  à 4 pattes qui quelquefois s'en régalent.

Ce pauvre livre a subi les effets de leur gourmandise. Cependant la reliure (demi-chagrin à nerfs) mérite d'être conservée. Ce message résume la méthode que j'ai appliquée, la méthode proposée sur un livre de reliure récent au chapitre "restauration" m'ayant laissé un peu incrédule. On y proposait simplement le rajout d'un triangle de carton bord à bord, les papiers intérieur et de couverture assurant la solidité du montage. La continuité du carton n'étant pas rétablie, je suis convaincu qu'à la première maladresse, le coin eut tôt fait de voler en éclats.

Les photos ci-après résument ma méthode. On exploite la structure habituelle des cartons, formés d'un empilement de feuilles.


- Photo 1. On dégage jusqu'à la demi épaisseur du carton une série de marches d'escaliers. Un scalpel (lame 15), la pointe et un coup de ponçage suffisent pour l'opération.
- Photo 2. On répète la même opération sur l'autre face, suivant un escalier ne coïncidant pas avec le premier pour éviter l'effet de "charnière".
- Photo 3. On peut maintenant combler un escalier marche par marche, à l'aide de cartons d'épaisseur adaptée.
- Photo 4. On fait de même sur l'autre face.
Une couche de Kraft sur chaque face, ponçage et les papiers intérieur et de couverture suffisent à dissimuler la réparation.

lundi 4 février 2013

Quelques travaux

J'ai mis en ligne sous le lien suivant

https://plus.google.com/photos/110476357285115467299/albums/5841223746376588993

mes travaux de restauration à l'atelier des lieurs jusqu'à Septembre 2012.

Je sais, j'ai eu le tort de ne pas les photographier dans leur état d'origine, de sorte qu'on pourrait croire que je les ai achetés comme ça. Le doute est permis ...
Et puis en regardant de près, on trouvera bien des défauts.

Je m'expose publiquement à la critique
Si c'est pas du courage, ça !!!