Dans mon article du 31 Juillet 2013 "Chronique d'une restauration de base", je présentais la technique la plus classique pour recréer un dos, raccrocher les plats, pour des ouvrages à couverture toilée. La clé consistait à soulever la percaline le long des bords intérieur des plats et y glisser une nouvelle toile qui venait recouvrir le dos.
La méthode convient mal pour des ouvrages à couverture papier. En effet, soulever le papier est extrêmement délicat et conduit à un résultat assez médiocre. Dans ce cas, on utilise plutôt la technique des cartons fendus.
Les photos 1, 2, 3 montrent un ouvrage présentant ce type de difficulté.
On observe que le dos est presque complètement détaché (photo 1), ce qui a entraîné sans effort la séparation complète du 1er plat (photo 3). Le 2ème plat (photo 2) pose des problèmes supplémentaires (tâches, coin rongé) qui seront simplement évoqués car ne relevant pas de notre sujet.
Le corps de l'ouvrage n'a nécessité qu'un nettoyage. Le dos a d'abord été traité classiquement avec pose d'une mousseline, pose de Krafts et comètes, création d'un soufflet. Cette séquence classique de la reliure, largement détaillée dans mon article du 31 Juillet ne sera pas reprise ici.
Le problème de la couvrure se présente alors sous les aspects suivants:
- habiller le dos d'une toile venant raccrocher les plats
- recréer la continuité des gardes couleurs
- restaurer au mieux le titre du livre au dos
Comme d'usage, on commence par couper une bande de toile de couleur appropriée (ici une toile écrue), de hauteur H+4cm (H hauteur des cartons), de largeur l+3cm (l largeur du dos).
Ensuite, les cartons sont fendus dans l'épaisseur sur environ 10 mm de profondeur, comme le montre la photo 4. Cette opération est la clé de l'ouvrage, et doit être réalisée avec soin. Comme outil, on peut utiliser une baguette de bois taillée en forme de lame. Dans le cas présent, j'ai utilisé une "pointe" de reliure assez émoussée. Il est important que l'outil ne soit pas coupant en tête, ce qui exclut le scalpel ou une pointe trop bien affutée. Le carton doit s'écarter devant l'outil au fur et à mesure de son avancement, en profitant de sa structure en feuilles, sans être blessé par l'outil.
A un peu de colle plastique on a mélangé un peu de colle de pâte, de façon à en ralentir la prise. La photo 5 montre l'insertion à reflux de cette colle dans la fente du carton. Les débordements sont essuyés au fur et à mesure.
La photo 6 montre l'insertion de la toile dans la fente. On veillera à ce que la toile ne soit pas repliée à l'intérieur de la fente, et qu'elle retombe sans pli à l'extérieur. On serre ensuite cet ensemble quelques minutes dans un étau, en prenant soin d"essuyer les reflux de colle.
Les étapes suivantes sont évoquées par les photos 7 à 9.
Photo 7: on encolle la carton du soufflet sur lequel on rabat la bande de toile. On mesure soigneusement la largeur de la toile à conserver, que l'on recoupe ainsi.
Le raccrochage du second plat s'effectue de la même manière que pour le premier, et n'a pas été représenté en photos. On retrouvera le fendage du carton, encollage de la fente, insertion de la bande de toile dans la fente, puis serrage dans l'étau.
Les photos 8 et 9 illustrent deux difficultés hors du sujet de cet article. Photo 8: restaurer un coin "rongé" (cf. article du 8 Mai 2013). La photo 9 illustre la résolution d'un problème inattendu comme l'on en rencontre souvent en restauration. En se reportant à la photo 2, on observe des tâches de type inconnu que ni la gomme ni l'éponge ne résolvent de manière satisfaisante. Alors, on essaie...un peu tout ! ici c'est un ponçage profond qui a permis d'obtenir un résultat acceptable.
Les photos 10 à 12 montrent l'ouvrage fini. Le dos toilé est "rhabillé" d'un papier de la couleur la plus approchante. Le titre, décroûté de son ancien carton" puis recoupé à minima, est collé sur le dos. La photo 12 montre que la continuité des gardes collées a été rétablie.
En fin de cet article, il y a lieu de préciser les cas de contre-indication de la méthode. La méthode est inappropriée, (ou si l'on préfère présente des difficultés particulières) dans les 2 cas suivants:
- les cartons n'ont pas une structure en feuilles. Ce peut être le cas de cartonnages modernes en particulier.
- Les plats sont détachés du corps au départ. En effet, il est clair que par cette technique, une demi épaisseur du carton risque de rester visible, extérieure à l'habillage. On pourra y pallier de manière à peu près satisfaisante en prolongeant un peu le papier qui recouvre le dos.
lundi 6 janvier 2014
mardi 24 décembre 2013
Un outil à faire des pièces de titre
"Faire des pièces de titre ? Bigre ! C'est pas de la restauration, ça; c'est de la dorure !
et puis Camille, on te l'a déjà dit: ON NE RETOUCHE PAS LES ORS D'UN LIVRE ANCIEN !"
"Mouai!.... et si mon livre n'a plus de titre ? et s'il n'a plus de dos du tout ? M'enfin"
Enfin il y a mille raisons de faire de la dorure, même quand on fait de la restauration. Donc j'en fais ! mais attention, je ne vais pas rouler des mécaniques; la dorure, c'est difficile, c'est très difficile, c'est même très, très, très difficile ! Donc je fais ce que je peux ! Na !
Perso, je crois que faire des pièces de titre, au film, à plat, c'est à la portée de tout le monde. J'ai bien dit, des "pièces de titre", et non pas des titres sur les dos.
Pour faciliter les choses, j'ai fait réaliser par notre ami Pierre, que je dois remercier au passage (Pierre Tarade, Les lieurs de Sénart), le petit outil que je veux vous présenter. Pierre m'a fait profiter de sa longue expérience de Chef Ajusteur à la Monnaie de Paris; mais je crois qu'un bricoleur un peu doué (en tout cas plus doué que moi) devrait être capable de réaliser cet outil.
L'outil est constitué d'une simple équerre, que l'on a dotée d'un dispositif de serrage à son extrémité.
On sait que pour le débutant, la difficulté est de respecter un bon parallélisme des lignes de titre. Évidemment, l'équerre glissant sur un côté d'un ai (photo 1), assure ce parallélisme; mais le problème est d'éviter que l'équerre ne bouge lors de la pose du composteur; d'où l'intérêt du dispositif de blocage que l'on perçoit en bout de l'équerre. Le photo 1 montre le système en opération, vu de face, la photo 2 le montre vu de dos.
Les photos 3, 4, 5 montrent plus en détail le dispositif. Un simple boulon est engagé dans un petit retour carré fixé à l'extrémité de l'équerre par 2 vis (photos 3 et 4). Une rondelle en laiton est prisonnière du boulon à son extrémité, et légèrement flottante (photo 4) (le mécanisme est un peu analogue au système de serrage que l'on trouve sur des serre-joints).
L'utilisateur positionne l'équerre, serre le boulon à la main (c'est suffisant), et peut positionner le composteur sur l'équerre, même l'appuyer légèrement. Et là, j'en suis sûr, certains diront: "la dorure, mais c'est facile" (hum!!!).
et puis Camille, on te l'a déjà dit: ON NE RETOUCHE PAS LES ORS D'UN LIVRE ANCIEN !"
"Mouai!.... et si mon livre n'a plus de titre ? et s'il n'a plus de dos du tout ? M'enfin"
Enfin il y a mille raisons de faire de la dorure, même quand on fait de la restauration. Donc j'en fais ! mais attention, je ne vais pas rouler des mécaniques; la dorure, c'est difficile, c'est très difficile, c'est même très, très, très difficile ! Donc je fais ce que je peux ! Na !
Perso, je crois que faire des pièces de titre, au film, à plat, c'est à la portée de tout le monde. J'ai bien dit, des "pièces de titre", et non pas des titres sur les dos.
Pour faciliter les choses, j'ai fait réaliser par notre ami Pierre, que je dois remercier au passage (Pierre Tarade, Les lieurs de Sénart), le petit outil que je veux vous présenter. Pierre m'a fait profiter de sa longue expérience de Chef Ajusteur à la Monnaie de Paris; mais je crois qu'un bricoleur un peu doué (en tout cas plus doué que moi) devrait être capable de réaliser cet outil.
L'outil est constitué d'une simple équerre, que l'on a dotée d'un dispositif de serrage à son extrémité.
On sait que pour le débutant, la difficulté est de respecter un bon parallélisme des lignes de titre. Évidemment, l'équerre glissant sur un côté d'un ai (photo 1), assure ce parallélisme; mais le problème est d'éviter que l'équerre ne bouge lors de la pose du composteur; d'où l'intérêt du dispositif de blocage que l'on perçoit en bout de l'équerre. Le photo 1 montre le système en opération, vu de face, la photo 2 le montre vu de dos.
Les photos 3, 4, 5 montrent plus en détail le dispositif. Un simple boulon est engagé dans un petit retour carré fixé à l'extrémité de l'équerre par 2 vis (photos 3 et 4). Une rondelle en laiton est prisonnière du boulon à son extrémité, et légèrement flottante (photo 4) (le mécanisme est un peu analogue au système de serrage que l'on trouve sur des serre-joints).
L'utilisateur positionne l'équerre, serre le boulon à la main (c'est suffisant), et peut positionner le composteur sur l'équerre, même l'appuyer légèrement. Et là, j'en suis sûr, certains diront: "la dorure, mais c'est facile" (hum!!!).
samedi 21 décembre 2013
Retour sur la colle de pâte au micro-ondes
Dans mon message du 21 Février 2013, j'exposais une manière de préparer la colle de pâte au micro-ondes.
Dans l'ensemble, la recette m'a donné satisfaction. Cependant, la préparation apparaissait quelquefois un peu trop aqueuse, trop "mouillante".
Je rappelle le principe tel que je le proposais
Le matériel (photo 1): Farine, cuillère à soupe définitivement réservée à cet usage, tube portant un repère représentant un volume de 5 fois la cuillère rase, pot à colle, petite cuillère pour touiller, montre avec trotteuse; (photo 2) four à micro-ondes.
Préparer une cuillère à soupe de farine rase pour 5 volumes d'eau dans le tube doseur (photo 3).
Mise au point
Repérer par un essai, pour un réglage donné du micro-ondes, le temps exact T pour atteindre l'ébullition. Choisir un réglage permettant un temps T d'au moins 45 secondes.
Diviser ce temps par 2, soit T/2.
Usage courant
- 1 volume de farine pour 5 volumes d'eau.
- la farine étant dissoute dans l'eau, lancer le micro-onde pour le temps T/2.
- homogénéiser le mélange
- relancer le micro-ondes pour le temps T/2. On doit voir que le mélange vient d'entrer en ébullition.
Amélioration du processus
Pour donner plus de consistance à la colle, il m'a semblé utile de "pousser" un peu plus loin la "cuisson" au delà de l'entrée en ébullition. Bien sûr, on ne laissera pas le même réglage du micro-ondes, sous peine de voir le mélange évaporé sur les parois de l'appareil. On optera pour une "cuisson finale" sous un réglage doux.
Cela donne, chez moi:
- cuillère à soupe moyenne rase pour la farine. + 5 volumes d'eau
- appareil à micro-ondes de 750 watts à 10 niveaux de réglage
Temps d'ébullition au niveau de réglage 8: T=48 secondes
1. Homogénéiser le mélange eau-farine
2. premier chauffage au niveau de réglage 8: T/2 = 25 secondes (à peu près)
3. homogénéiser
4. deuxième chauffage au niveau de réglage 8: 23 secondes (car 25+23=48)
5. cuisson supplémentaire au niveau de réglage 4: 15 (minimum) à 30 secondes (maximum). Je choisis généralement 15 secondes.
6. laisser refroidir
L'étape supplémentaire 5 permet, en fonction du temps de cuisson choisi (de 15 à 30 secondes) un réglage assez fin de la fluidité de la colle.
Bien entendu, ces données correspondent à ma cuillère et mon micro-ondes, et chacun devra mettre la recette au point en fonction de ses données personnelles.
Dans l'ensemble, la recette m'a donné satisfaction. Cependant, la préparation apparaissait quelquefois un peu trop aqueuse, trop "mouillante".
Je rappelle le principe tel que je le proposais
Le matériel (photo 1): Farine, cuillère à soupe définitivement réservée à cet usage, tube portant un repère représentant un volume de 5 fois la cuillère rase, pot à colle, petite cuillère pour touiller, montre avec trotteuse; (photo 2) four à micro-ondes.
Préparer une cuillère à soupe de farine rase pour 5 volumes d'eau dans le tube doseur (photo 3).
Mise au point
Repérer par un essai, pour un réglage donné du micro-ondes, le temps exact T pour atteindre l'ébullition. Choisir un réglage permettant un temps T d'au moins 45 secondes.
Diviser ce temps par 2, soit T/2.
Usage courant
- 1 volume de farine pour 5 volumes d'eau.
- la farine étant dissoute dans l'eau, lancer le micro-onde pour le temps T/2.
- homogénéiser le mélange
- relancer le micro-ondes pour le temps T/2. On doit voir que le mélange vient d'entrer en ébullition.
Amélioration du processus
Pour donner plus de consistance à la colle, il m'a semblé utile de "pousser" un peu plus loin la "cuisson" au delà de l'entrée en ébullition. Bien sûr, on ne laissera pas le même réglage du micro-ondes, sous peine de voir le mélange évaporé sur les parois de l'appareil. On optera pour une "cuisson finale" sous un réglage doux.
Cela donne, chez moi:
- cuillère à soupe moyenne rase pour la farine. + 5 volumes d'eau
- appareil à micro-ondes de 750 watts à 10 niveaux de réglage
Temps d'ébullition au niveau de réglage 8: T=48 secondes
1. Homogénéiser le mélange eau-farine
2. premier chauffage au niveau de réglage 8: T/2 = 25 secondes (à peu près)
3. homogénéiser
4. deuxième chauffage au niveau de réglage 8: 23 secondes (car 25+23=48)
5. cuisson supplémentaire au niveau de réglage 4: 15 (minimum) à 30 secondes (maximum). Je choisis généralement 15 secondes.
6. laisser refroidir
L'étape supplémentaire 5 permet, en fonction du temps de cuisson choisi (de 15 à 30 secondes) un réglage assez fin de la fluidité de la colle.
Bien entendu, ces données correspondent à ma cuillère et mon micro-ondes, et chacun devra mettre la recette au point en fonction de ses données personnelles.
vendredi 1 novembre 2013
Le doublage d'un document par la technique du "fond tendu"
La technique du "fond tendu" permet de doubler un document papier de façon à le renforcer, le rassembler s'il est éclaté en plusieurs parties, réparer les déchirures éventuelles, combler les manques de papier.
Ainsi la photo 1 montre la couverture d'un livre broché que l'on souhaite replacer comme telle sur le livre.
Cette couverture n'a subi aucune autre préparation qu'un gommage soigné. Sur ce point, il y a lieu d'insister tant que la poussière de gomme ne ressort pas claire.
La technique de doublage décrite ci-après m'est transmise par Marie-Odile Royer, restaurateur aux Archives Nationales, que l'on verra opérer sur plusieurs étapes ci-après.
L'opération nécessite l'usage d'une boîte à lumière, faite simplement d'un caisson enfermant une lampe tamisée, et sur lequel on a disposé une plaque de plexiglass (photos 2 et 3).
On aura besoin également:
- d'un papier de doublage dit "Bolloré", débordant légèrement de la surface du document (photo 4). Ce papier doit pouvoir être remplacé par du papier "Japon" fin, mais dont le maniement devrait être plus délicat (je n'ai pas essayé).
- d'une surface d'"intissé", un peu supérieure à la surface du document. Le produit utilisé par les professionnels est difficile à trouver en petite quantité; on peut éventuellement s'en passer en travaillant directement sur le plexiglass, si le document n'a qu'une face utile. La conséquence est alors un effet de "glaçage" au dos du document.
- de colle de pâte
Le document est mis au trempage dans l'eau (photo 6).
La plaque de plexiglass étant préalablement mouillée à l'éponge (photo 7), l'intissé est disposé sur le
plexiglass (photo 5) puis étalé soigneusement à l'éponge de façon à adhérer au plexiglass sans pli (photo 8).
Le "Bolloré" est alors soigneusement étalé sur l'intissé, en prenant soin de résorber les plis.
On enduit soigneusement le "Bolloré" de colle de pâte sur sa face apparente (photo 9, Marie-Odile Royer effectuant cette opération).
Le document est sorti de l'eau, étalé sur le "Bolloré" précédemment encollé puis appliqué fortement sur toute sa surface à l'aide d'un plioir par l'intermédiaire d'un buvard (photo 10).
L'étape de doublage est terminée. On peut maintenant passer à l'étape de comblage des manques.
On voit que le document (photos 1 et 11) présente en tête et en queue des manques importants. On se propose de les combler à l'aide de papier "Japon fort".
On dispose le papier Japon sur la partie manquante, le sens des fibres étant celui qui permettra le meilleur"accrochage" sur les bords du document. Ainsi dans le cas présent, les fibres sont orientées parallèlement au dos. Puis on dessine sur le "Japon" au "stylo à eau" une pièce correspondant à la partie manquante que l'on aperçoit grâce à la lumière (photo 12). A défait de "stylo à eau", on peut utiliser un pinceau fin. La pièce ainsi "dessinée" est arrachée de sa feuille de Japon de façon à présenter un contour hérissé de fibres apparentes (photo 13).
Puis la pièce garnie de colle est enfin disposée sur la partie manquante (photo 14) et soigneusement appliquée au plioir par l'intermédiaire d'un buvard (photo 15).
L'ensemble est mis à sécher verticalement de façon à se décoller de lui-même (photo 16et 17). Les débords
du "Bolloré" sont recoupés au scalpel (photos 18 et 19).
La photo 20 résume le travail de finition au niveau des zones apparentes du "Bolloré". Les "franges" du "Bolloré" sont rasées à l'aide du scalpel (lame No 15). Enfin dans les zones apparentes du Bolloré (ici tête et queue du dos) la couleur est retouchée "au mieux" à l'aide de pastels secs, crayons de couleur, estompe, etc...
Ainsi la photo 1 montre la couverture d'un livre broché que l'on souhaite replacer comme telle sur le livre.
Cette couverture n'a subi aucune autre préparation qu'un gommage soigné. Sur ce point, il y a lieu d'insister tant que la poussière de gomme ne ressort pas claire.
La technique de doublage décrite ci-après m'est transmise par Marie-Odile Royer, restaurateur aux Archives Nationales, que l'on verra opérer sur plusieurs étapes ci-après.
L'opération nécessite l'usage d'une boîte à lumière, faite simplement d'un caisson enfermant une lampe tamisée, et sur lequel on a disposé une plaque de plexiglass (photos 2 et 3).
On aura besoin également:
- d'un papier de doublage dit "Bolloré", débordant légèrement de la surface du document (photo 4). Ce papier doit pouvoir être remplacé par du papier "Japon" fin, mais dont le maniement devrait être plus délicat (je n'ai pas essayé).
- d'une surface d'"intissé", un peu supérieure à la surface du document. Le produit utilisé par les professionnels est difficile à trouver en petite quantité; on peut éventuellement s'en passer en travaillant directement sur le plexiglass, si le document n'a qu'une face utile. La conséquence est alors un effet de "glaçage" au dos du document.
- de colle de pâte
Le document est mis au trempage dans l'eau (photo 6).
plexiglass (photo 5) puis étalé soigneusement à l'éponge de façon à adhérer au plexiglass sans pli (photo 8).
Le "Bolloré" est alors soigneusement étalé sur l'intissé, en prenant soin de résorber les plis.
On enduit soigneusement le "Bolloré" de colle de pâte sur sa face apparente (photo 9, Marie-Odile Royer effectuant cette opération).
Le document est sorti de l'eau, étalé sur le "Bolloré" précédemment encollé puis appliqué fortement sur toute sa surface à l'aide d'un plioir par l'intermédiaire d'un buvard (photo 10).
L'étape de doublage est terminée. On peut maintenant passer à l'étape de comblage des manques.
On voit que le document (photos 1 et 11) présente en tête et en queue des manques importants. On se propose de les combler à l'aide de papier "Japon fort".
On dispose le papier Japon sur la partie manquante, le sens des fibres étant celui qui permettra le meilleur"accrochage" sur les bords du document. Ainsi dans le cas présent, les fibres sont orientées parallèlement au dos. Puis on dessine sur le "Japon" au "stylo à eau" une pièce correspondant à la partie manquante que l'on aperçoit grâce à la lumière (photo 12). A défait de "stylo à eau", on peut utiliser un pinceau fin. La pièce ainsi "dessinée" est arrachée de sa feuille de Japon de façon à présenter un contour hérissé de fibres apparentes (photo 13).
Puis la pièce garnie de colle est enfin disposée sur la partie manquante (photo 14) et soigneusement appliquée au plioir par l'intermédiaire d'un buvard (photo 15).L'ensemble est mis à sécher verticalement de façon à se décoller de lui-même (photo 16et 17). Les débords
du "Bolloré" sont recoupés au scalpel (photos 18 et 19).
La photo 20 résume le travail de finition au niveau des zones apparentes du "Bolloré". Les "franges" du "Bolloré" sont rasées à l'aide du scalpel (lame No 15). Enfin dans les zones apparentes du Bolloré (ici tête et queue du dos) la couleur est retouchée "au mieux" à l'aide de pastels secs, crayons de couleur, estompe, etc...
lundi 21 octobre 2013
Atténuer les rousseurs des livres du XIXème et début XXème.
Classe B
Les ouvrages du XIXème siècle et début XXème, essentiellement dans la tranche 1850-1914, présentent souvent des rousseurs plus ou moins prononcées (la photo 3 ci-après en montre un exemple).
Ces rousseurs, clairement, ne proviennent pas de la manipulation. On considère qu'elles sont apparues au cours du temps du fait de l'acidité du papier. Une explication fréquemment donnée proviendrait du chlore résiduel lié au blanchiment de la pâte de bois, qui au début du XIXème, a progressivement remplacé le papier de chiffon. Sur cette piste, je me risque à une explication, peut être fausse: le chlore résiduel + de l'hydrogène facile à trouver (dans les molécules d'eau), et voilà de l'acide chlorhydrique HCl, prêt à attaquer méchamment votre ouvrage préféré.
La difficulté d'éradiquer ces rousseurs est notoire, tant est si bien que les relieurs (amateurs, et même, à ma connaissance, professionnels), préfèrent ne pas s'y attaquer. Au niveau institutionnel (bibliothèques publiques, archives nationales), il semble que toute intervention sur ces rousseurs soit absolument prohibée.
Bien sûr, on peut pardonner à ces livres plus que centenaires ces marques de l'âge, qui n'épargnent pas plus les livres que nous-mêmes. Ainsi une certaine relieur (relieuse ?) me fit cette remarque: "nous en avons bien, nous, des tâches de rousseur !". Bon, bon, ! Je veux bien, mais ce qui peut être un charme piquant pour une (et même un) humanoïde l'est-il encore pour un livre ? Et sinon, que faire ?
Et c'est là que votre Camille (Hello, Camille où es-tu ?) vient à votre secours avec célérité !
Maintenant, soyons clair !
- la méthode décrite ci-après dégrade légèrement le papier. Elle est donc à proscrire absolument pour des documents "de patrimoine" (cf. ma discussion du 30 Mars 2013)
- la méthode ne s'applique qu'à des papiers suffisamment épais. Heureusement, c'est le cas de beaucoup de livres populaires de la fin du XIXème - début XXème.
- la méthode ne s'applique que pour des rousseurs peu profondes et en tout cas non traversantes. Si plus de 5% des rousseurs se retrouvent, même atténuées, sur l'autre face de la feuille, c'est que les rousseurs de cet ouvrage sont profondes et que l'on n'en viendra pas à bout. Mieux vaut renoncer dans ce cas.
Le principe en est très simple? Le matériel est illustré sur les photos 1 et 2.
L'outil principal est le morceau de papier abrasif. Des chûtes du papier généralement utilisé en reliure (la tomate) font très bien l'affaire.
A côté: la gomme, le plioir de forme "spatule" (relevé à l'extrémité), une lame de carton habillée de papier de verre à l'extrémité, un scalpel à lame numéro 15 (photo2) seront éventuellement utiles, sans être indispensables.
Traitement d'une rousseur
Les photos ci-après montrent une page avant/après traitée selon la méthode proposée.
On essaiera la gomme en premier lieu, de façon à ne pas confondre une rousseur avec une trace "sale".
Poncer la rousseur avec le papier abrasif. Si la rousseur est peu profonde, elle aura pratiquement disparu après un léger ponçage. Si elle est plus profonde, on acceptera qu'elle soit simplement atténuée, mais dans tous les cas on évitera d'ôter plus d'un tiers de l'épaisseur du papier.
La lame de carton abrasive permet de travailler légèrement entre les lignes de texte, voire les lettres. Il faut cependant éviter d'attaquer le texte.
Le scalpel peut être utilisé avec précaution pour enlever une fine pelure de papier, soit par incision, soit par grattage. Il permet des interventions plus localisées que le papier de verre (piquages de rouille).
Les photos 5 et 6 montrent une intervention à l'intérieur du texte. La présence d'une rousseur de forme rectangulaire probablement due à une image qui a été conservée dans le livre traverse le texte. La trace a pu être atténuée (mais non éradiquée) par un usage conjugué de la lame abrasive et du papier abrasif.
Restitution du glaçage du papier
Le passage du papier de verre donne au papier traité un aspect rugueux. La gomme permet de restituer un peu le glaçage, mais un "surfaçage" appuyé du papier à l'aide du plioir "spatule" donne un bien meilleur résultat.
Les ouvrages du XIXème siècle et début XXème, essentiellement dans la tranche 1850-1914, présentent souvent des rousseurs plus ou moins prononcées (la photo 3 ci-après en montre un exemple).
Ces rousseurs, clairement, ne proviennent pas de la manipulation. On considère qu'elles sont apparues au cours du temps du fait de l'acidité du papier. Une explication fréquemment donnée proviendrait du chlore résiduel lié au blanchiment de la pâte de bois, qui au début du XIXème, a progressivement remplacé le papier de chiffon. Sur cette piste, je me risque à une explication, peut être fausse: le chlore résiduel + de l'hydrogène facile à trouver (dans les molécules d'eau), et voilà de l'acide chlorhydrique HCl, prêt à attaquer méchamment votre ouvrage préféré.
La difficulté d'éradiquer ces rousseurs est notoire, tant est si bien que les relieurs (amateurs, et même, à ma connaissance, professionnels), préfèrent ne pas s'y attaquer. Au niveau institutionnel (bibliothèques publiques, archives nationales), il semble que toute intervention sur ces rousseurs soit absolument prohibée.
Bien sûr, on peut pardonner à ces livres plus que centenaires ces marques de l'âge, qui n'épargnent pas plus les livres que nous-mêmes. Ainsi une certaine relieur (relieuse ?) me fit cette remarque: "nous en avons bien, nous, des tâches de rousseur !". Bon, bon, ! Je veux bien, mais ce qui peut être un charme piquant pour une (et même un) humanoïde l'est-il encore pour un livre ? Et sinon, que faire ?
Et c'est là que votre Camille (Hello, Camille où es-tu ?) vient à votre secours avec célérité !
Maintenant, soyons clair !
- la méthode décrite ci-après dégrade légèrement le papier. Elle est donc à proscrire absolument pour des documents "de patrimoine" (cf. ma discussion du 30 Mars 2013)
- la méthode ne s'applique qu'à des papiers suffisamment épais. Heureusement, c'est le cas de beaucoup de livres populaires de la fin du XIXème - début XXème.
- la méthode ne s'applique que pour des rousseurs peu profondes et en tout cas non traversantes. Si plus de 5% des rousseurs se retrouvent, même atténuées, sur l'autre face de la feuille, c'est que les rousseurs de cet ouvrage sont profondes et que l'on n'en viendra pas à bout. Mieux vaut renoncer dans ce cas.
Le principe en est très simple? Le matériel est illustré sur les photos 1 et 2.
L'outil principal est le morceau de papier abrasif. Des chûtes du papier généralement utilisé en reliure (la tomate) font très bien l'affaire.
A côté: la gomme, le plioir de forme "spatule" (relevé à l'extrémité), une lame de carton habillée de papier de verre à l'extrémité, un scalpel à lame numéro 15 (photo2) seront éventuellement utiles, sans être indispensables.
Traitement d'une rousseur
Les photos ci-après montrent une page avant/après traitée selon la méthode proposée.
On essaiera la gomme en premier lieu, de façon à ne pas confondre une rousseur avec une trace "sale".
Poncer la rousseur avec le papier abrasif. Si la rousseur est peu profonde, elle aura pratiquement disparu après un léger ponçage. Si elle est plus profonde, on acceptera qu'elle soit simplement atténuée, mais dans tous les cas on évitera d'ôter plus d'un tiers de l'épaisseur du papier.
La lame de carton abrasive permet de travailler légèrement entre les lignes de texte, voire les lettres. Il faut cependant éviter d'attaquer le texte.
Le scalpel peut être utilisé avec précaution pour enlever une fine pelure de papier, soit par incision, soit par grattage. Il permet des interventions plus localisées que le papier de verre (piquages de rouille).
Les photos 5 et 6 montrent une intervention à l'intérieur du texte. La présence d'une rousseur de forme rectangulaire probablement due à une image qui a été conservée dans le livre traverse le texte. La trace a pu être atténuée (mais non éradiquée) par un usage conjugué de la lame abrasive et du papier abrasif.
Restitution du glaçage du papier
Le passage du papier de verre donne au papier traité un aspect rugueux. La gomme permet de restituer un peu le glaçage, mais un "surfaçage" appuyé du papier à l'aide du plioir "spatule" donne un bien meilleur résultat.
samedi 24 août 2013
Réalisations de l'année
Ouf ! c'est fini !
Et c'est accessible sous le lien dans la colonne de droite: "Restaurations et reliures 2013".
Bigre ! quel boulot ! prendre les photos, constituer les dossiers, s'y retrouver dans Google+ (pas une sinécure), raccrocher tout ça dans le blog !
Enfin c'est fini. J'y ai tout mis, depuis Septembre 2012 à aujourd'hui, en 3 rubriques:
- mes restaurations de l'année
- mes reliures. Bon, entendons nous, je ne cultive pas la reliure d'art ! Enfin, quoi ! je fais ce que je peux !
- quelques interventions "mineures", genre "restaurer une coiffe", "reprendre des pages tâchées"... Bon ! mais, blague à part, une intervention "mineure", ça peut prendre beaucoup de temps.
Et j'ai enrichi ma rubrique des restaurations 2010-2012 en y rajoutant mes reliures (d'art ? hum!...) et quelques interventions "mineures" dans la période. Et le lien devient "Restaurations et reliures 2010-2012".
Voilà ! Et si ça dit à quelqu'un d'aller y voir, je conseille de lancer un diaporama, simplement en double cliquant sur la première photo ! Car en présentation Google, ça fait un peu pagaille !
Et c'est accessible sous le lien dans la colonne de droite: "Restaurations et reliures 2013".
Bigre ! quel boulot ! prendre les photos, constituer les dossiers, s'y retrouver dans Google+ (pas une sinécure), raccrocher tout ça dans le blog !
Enfin c'est fini. J'y ai tout mis, depuis Septembre 2012 à aujourd'hui, en 3 rubriques:
- mes restaurations de l'année
- mes reliures. Bon, entendons nous, je ne cultive pas la reliure d'art ! Enfin, quoi ! je fais ce que je peux !
- quelques interventions "mineures", genre "restaurer une coiffe", "reprendre des pages tâchées"... Bon ! mais, blague à part, une intervention "mineure", ça peut prendre beaucoup de temps.
Et j'ai enrichi ma rubrique des restaurations 2010-2012 en y rajoutant mes reliures (d'art ? hum!...) et quelques interventions "mineures" dans la période. Et le lien devient "Restaurations et reliures 2010-2012".
Voilà ! Et si ça dit à quelqu'un d'aller y voir, je conseille de lancer un diaporama, simplement en double cliquant sur la première photo ! Car en présentation Google, ça fait un peu pagaille !
mercredi 31 juillet 2013
Chronique d'une restauration de base
Je profite d'un ouvrage qui m'a semblé idéal pour illustrer une opération de restauration assez typique, point trop difficile mais point trop facile non plus. Les techniques que j'ai utilisées ici sont celles que l'on retrouve dans la majorité des cas, et qu'il faut donc bien maîtriser (je le dis aussi pour moi-même). Quelques perfectionnements plus avancés, voire exploratoires, seront signalés au passage, et devront être considérés comme des propositions hors-standards.
Les photos ci-après illustrent l'état initial de l'ouvrage.
Bilan initial
Avant toute restauration, il est important de faire un bilan d'état de l'ouvrage, de façon à avoir une idée assez claire du "possible" et de l"impossible" ... et ne pas risquer d'être déçu.
D'emblée, le livre est "explosé", et devra donc être recousu. Par contre, les pages sont relativement propres et demanderont peu de travail.
La couverture est en mauvais état. On voit des boursouflures d'humidité sur le 2ème plat. Une partie est même franchement décollée. Cette partie pourra être recollée, mais la plupart des boursouflures ne pourront pas être résorbées. On voit également que le dos présente des manques. La toile de renfort sera donc visible dans ces zones.
Les gardes couleurs grises sont assez délabrées, avec des manques au niveau des anciens rubans. Je ferai le choix de les remplacer à neuf. Il faut être conscient que la conservation des gardes couleurs est souvent très délicate, voire décevante. Personnellement, je préfère en général sacrifier un peu l'authenticité stricte de l'ouvrage et opter pour leur remplacement. Je reconnais toutefois que ce choix peut être discuté.
La couleur rouge du tissu (percaline) est une teinte classique pour beaucoup de livres du XIXème. Une toile d'un coloris très proche se trouve facilement dans le commerce (Relma Paris). Un teinture liquide également très approchante se trouve au rayon des teintures cuir (Marque Saphir, plutôt par Internet que chez les cordonniers, qui ne vendent plus guère que des crèmes).
Débrochage, nettoyage, pose d'onglets et couture
Il n'y a pas lieu d'insister sur cette phase, qui fait partie des bases de la reliure. Notons cependant quelques particularités.
D'abord, on ne pourra ni ébarber les feuillets, ni rogner la tête d'ouvrage, le format étant imposé par la couverture. De la sorte, on sauvegardera ainsi les tranches dorées, s'il y en a.
Par ailleurs, on remarque sur la photo 5 que 6 fentes de grecquage ont été reprises parmi les 12 anciennes fentes (technique du XIXème), de façon à loger 2 chaînettes et 4 ficelles dans un positionnement non-standard. Le fait de reprendre d'anciennes fentes plutôt qu'en créer de nouvelles selon les gabarits usuels assure une meilleure restitution de l'alignement des cahiers, et par conséquent des dorures de tranches.
Endossure, mousseline et Krafts
Cette étape fait également partie des bases de la reliure.
Après endossure sur la presse à endosser, on pose la mousseline, les comètes (tranchefiles) et les krafts puis on ponce comme il est d'usage.
Les ficelles sont coupées à 15 mm environ, partagées en deux et chaque demi-ficelle est rabattue et collée dans le mors de l'ouvrage. Sur la photo 8 on aperçoit 2 ficelles sur les 4 qui n'ont pas encore été rabattues.
Création d'un soufflet
Le soufflet est un dispositif qui permet que le dos ne soit pas collé directement sur l'ouvrage. Ainsi lorsque l'on ouvre le livre, un espace vide apparaît entre le dos et le corps d'ouvrage, ce qui facilite l'ouverture du livre sans abimer le dos. En reliure classique, ce rôle est usuellement rempli par le "faux-dos".
Les photos suivantes illustrent la construction du soufflet.
On découpe une bande de carton bulle, la pièce (a) de la photo 9 (carton de grade 3 pour un livre moyen à 5 pour un livre épais) dont les dimensions sont les suivantes:
- la largeur est mesurée sur le dos du livre à l'aide d'une bande de papier
- le longueur est égale à la hauteur des cartonnages (et non des cahiers).
La pièce (b) est une bande de papier Kraft trois fois plus large que la pièce (a), et de même hauteur.
On élague la pièce (a) sur ses 2 bords, puis on la colle au centre de la pièce (b). On referme les 2 volets de la pièce (b) en les collant l'un sur l'autre, de façon à former un tube (le vide est visible sur la photo 11). On a également dégagé la face papier sur 20mm à chaque extrémité, comme on peut le voir sur la photo 10.
La photo 12 illustre la préparation du collage du soufflet. L'ouvrage est disposé dans la presse. L'éponge sert à humecter le soufflet pour le rendre suffisamment malléable et propre à épouser l'arrondi du dos.
On encolle (colle plastique) le soufflet sur sa surface (c) (photo 12) en veillant bien à ce que les zones dégagées (e1) et (e2) ne reçoivent aucune trace de colle. Puis on applique (c) sur (d) en observant un centrage précis du soufflet. On doit assurer un collage parfait du soufflet, bien adhérent sur ses bords. La photo 13 montre le soufflet en place.
Préparation intérieure des plats
Les gardes couleurs grises, très délabrées, ne seront pas conservées. Leur partie volante a donc été supprimée.
Par contre il est assez délicat de décoller complètement la garde collée. Si elle ne montre pas de signe de décollement initial (dû à l'humidité), il est préférable de la conserver. On se contentera de la dégager sur les remplis, la partie centrale restant comme "comblage". La limite des remplis est en général visible par un léger relief. On marque cette limite à la pointe (photo 14). En humectant le papier le long des remplis, on le dégage alors facilement en le grattant avec la pointe.
Dans le cas seulement où la garde collée montre des zones de décollement, alors il faut absolument la décoller complètement à l'éponge et à la pointe, mais c'est un travail extrêmement fastidieux.
La photo 15 montre les 2 plats ainsi traités. Les remplis ont été dégagés. Ils ont été relevés en (b1), (b2), (b3), (b4) sur environ 15 mm. Enfin ils ont étés recolorés à la teinture rouge.
La surface papier a été poncée de façon à égaliser les zones déchirées, particulièrement le long des arêtes (a1), (a2). Dans le cas présent (assez rare), le 1er plat présentait des reliefs (visibles sur la photo 1) que l'on retrouve au revers (photo 15). On peut choisir soit de combler ces creux avec de la pâte à papier (rapure de papier agglomérée avec de la colle), soit de les laisser apparents. C'est ce dernier choix qui a été adopté.
Pour une meilleure finition, on pourra après reconstruction de l'ouvrage, coller un papier kraft sur ces revers et le poncer. Dans le cas présent, je n'ai pas retenu cette option.
Préparation extérieure des plats
Comme on peut le voir sur la photo 16, en (a) et (b), les angles des plats sont soit effilochés, soit dégarnis. J'ai exposé la technique de réparation dans mon message du 8 Mai.
Le tissu du 4ème plat, qui était partiellement décollé a été recollé sur place. Une couche de teinture rouge a été" appliquée pour raviver les plats et "fondre" les petits défauts. Pour cette opération, j'ai protégé les filets dorés en les enduisant de cire liquide au pinceau fin (solution personnelle).
La photo 17 montre les plats ainsi préparés.
Sur la photo 18, on a soulevé le tissu (percaline) d'au moins 10 mm du côté des mors. Afin que cette intervention soit peu visible, on arrête en général ce soulèvement sur une ligne du motif imprimé, ainsi le relief du cadre décoratif visible en (c) sur la photo 18.
Le premier plat ne présentait pas une telle ligne caractéristique. J'ai l'habitude dans ce cas (solution personnelle) de ménager, au scalpel et à la pointe, une petite rainure visible en (d), qui délimitera proprement la zone d'intervention.
Pose de la toile de renfort au dos
Avant tout, on régularise la coupe du tissu, généralement effiloché, sur chaque plat, en le recoupant au scalpel (lame quasiment neuve) sur un zinc (photo 19, coupe (a) pour le premier plat). Je préconise une recoupe à minima, quitte à laisser quelques manques.
On a mesuré à la bande de papier la largeur de tissu nécessaire pour couvrir le dos et les zones dénudées des plats. On coupe une bande de tissu neuf (notée (b) sur la photo 20) de cette largeur plus 1,5cm, de hauteur égale à la hauteur des cartons plus 4cm.
Sur la photo 20, on a positionné le premier plat sur le corps du livre, maintenu par des serre-joints. A ce stade, il est important d'assurer un positionnement parfait du plat par rapport à l'ouvrage (respect des chasses, ajustement parfait au niveau du dos). On encolle ensuite la zone dénudée du plat (colle flexible) et l'on pose le tissu (b) au fond de la zone nue. Dans le cas présent (présence de la rainure), on forme bien la rainure au plioir. Enfin on rabat le tissu d'origine que l'on colle sur la toile de renfort (en soignant à nouveau la rainure).
On peut maintenant encoller le soufflet et rabattre la toile de renfort sur le dos. La photo 21 montre le résultat des opérations précédentes.
On retourne le livre et l'on pose le 2ème plat sur l'ouvrage. On ajuste son positionnement à l'équerre, visible à droite sur la photo 22. En enfonçant la toile jusqu'au fond de la zone nue, ainsi en (d) sur la photo 22, on marque au crayon la limite du tissu à couper. En marquant ainsi 2 ou 3 repères, on peut couper le tissu au scalpel, sur le zinc, à la dimension exacte. Le tissu ainsi recoupé est alors collé comme précédemment sur le plat, puis la percaline d'origine rabattue et collée sur le tissu neuf.
La photo 23 montre le résultat de cette étape.
Fermeture tête et queue
La fermeture du tissu en tête et en queue est la même qu'en reliure traditionnelle.
La figure 14 montre l'état de départ, par ex en queue. On peut éventuellement recouper le tissu à environ 15mm de débord. Sur la figure 25 on vérifie au petit plioir les passages (ici en (a)) entre le soufflet et l'ouvrage. Sur la figure 26, on montre l'insertion du tissu, après l'avoir enduit de colle. Ici je conseille fortement l'utilisation de la colle de pâte, et non la colle rapide, afin de pouvoir travailler correctement la forme de l'ensemble. Sur la figure 27, on voit le retour du tissu de renfort en (c) et le rempli relevé en (d) que l'on rabattra et collera successivement. Enfin sur la figure 28, on forme les "oreilles" (e) en les enduisant de colle de pâte, puis en les creusant au plioir.
Récupération du dos d'origine
Le dos d'origine, soigneusement décroûté au revers (photo 29), est recoupé à minima (même si quelques lacunes subsistent) (photo 30). On le colle ensuite à la colle de pâte sur la toile de renfort (photo 31).
Comme pour les plats, on a ravivé la couleur à l'aide de la teinture en protégeant les titres et motifs à la cire liquide.
Pose des gardes couleurs (neuves)
Ici encore, je ne vais pas beaucoup innover par rapport à la reliure classique.
Les gardes couleurs sont coupées à la hauteur du carton moins 2mm, soit h, et à la longueur du livre déplié plus 2cm, soit L (photo 32). On veillera particulièrement au sens du papier, la longueur L correspondant au sens d'allongement naturel du papier. Puis on mesure au compas la plus grande chasse. La page de garde est positionnée sur le livre ouvert (photo 32). On veille à ce qu'elle couvre assez largement la page du livre en (g). On préforme le pli selon (a). Puis on reporte le compas sur les 3 côtés libres de la page; ce sont les traits (c) de la photo 33. A partir de ces repères, on recoupe la page sur la zone collée. La photo 34 la montre coupée et retournée, et l'on a tracé un trait (b) au crayon léger pour délimiter la zone de collage.
La photo 35 montre l'encollage à la colle de pâte de la demi-garde (e) et du plat (d). On effectue l'encollage en chassant l'air au chiffon à partir du centre. La colle de pâte permet un positionnement précis et tranquille.
La photo 36 montre la finalisation du collage, cette fois à la colle flexible. Avec une macule on laisse apparente une bande (f) de 5mm de large sur le première page du livre, le long de la charnière. On rouvre un peu l'encollage du dos en (k) et l'on enduit la bande charnière de (k) à (f) de colle rapide, sans excès. L'application effective de la colle se fait en maintenant le livre ouvert à 60 degrés (photo 37), position qu'il ne quittera plus jusqu'au séchage (20 minutes environ). On prendra soin de bien forcer la page de garde en fond de charnière à l'aide du plioir droit utilisé sur sa longueur, et/ou d'une règle.
La recoupe des gardes couleur est illustrée sur les photos 38 à 40.
Photo 38, on trace le contour (a) de l'ouvrage sur la page de garde. Ce tracé est visible sur la photo 39 suivant les lignes (b). On recoupe sur le zinc la page de garde le long des lignes (b), à l'intérieur du trait.
Le résultat est représenté par la photo 40
Finitions
Aucune restauration ne va sans quelques finitions.
La colle de pâte fait merveille pour consolider des bords, des coins, pour raffermir le tracé des mors, etc...
Des retouches de teinture (ou peinture) sont souvent nécessaires. Personnellement, je termine souvent par une petite couche de cire lustrée au chiffon.
Dans le cas présent, le résultat final est montré sur les photos 41 à 45.
Pour terminer, je prend 1m de recul et je tire les leçons de mon travail, histoire de faire mieux la prochaine fois.
Les photos ci-après illustrent l'état initial de l'ouvrage.
Bilan initial
Avant toute restauration, il est important de faire un bilan d'état de l'ouvrage, de façon à avoir une idée assez claire du "possible" et de l"impossible" ... et ne pas risquer d'être déçu.
D'emblée, le livre est "explosé", et devra donc être recousu. Par contre, les pages sont relativement propres et demanderont peu de travail.
La couverture est en mauvais état. On voit des boursouflures d'humidité sur le 2ème plat. Une partie est même franchement décollée. Cette partie pourra être recollée, mais la plupart des boursouflures ne pourront pas être résorbées. On voit également que le dos présente des manques. La toile de renfort sera donc visible dans ces zones.
Les gardes couleurs grises sont assez délabrées, avec des manques au niveau des anciens rubans. Je ferai le choix de les remplacer à neuf. Il faut être conscient que la conservation des gardes couleurs est souvent très délicate, voire décevante. Personnellement, je préfère en général sacrifier un peu l'authenticité stricte de l'ouvrage et opter pour leur remplacement. Je reconnais toutefois que ce choix peut être discuté.
La couleur rouge du tissu (percaline) est une teinte classique pour beaucoup de livres du XIXème. Une toile d'un coloris très proche se trouve facilement dans le commerce (Relma Paris). Un teinture liquide également très approchante se trouve au rayon des teintures cuir (Marque Saphir, plutôt par Internet que chez les cordonniers, qui ne vendent plus guère que des crèmes).
Débrochage, nettoyage, pose d'onglets et couture
D'abord, on ne pourra ni ébarber les feuillets, ni rogner la tête d'ouvrage, le format étant imposé par la couverture. De la sorte, on sauvegardera ainsi les tranches dorées, s'il y en a.
Par ailleurs, on remarque sur la photo 5 que 6 fentes de grecquage ont été reprises parmi les 12 anciennes fentes (technique du XIXème), de façon à loger 2 chaînettes et 4 ficelles dans un positionnement non-standard. Le fait de reprendre d'anciennes fentes plutôt qu'en créer de nouvelles selon les gabarits usuels assure une meilleure restitution de l'alignement des cahiers, et par conséquent des dorures de tranches.
Endossure, mousseline et Krafts
Cette étape fait également partie des bases de la reliure.
Les ficelles sont coupées à 15 mm environ, partagées en deux et chaque demi-ficelle est rabattue et collée dans le mors de l'ouvrage. Sur la photo 8 on aperçoit 2 ficelles sur les 4 qui n'ont pas encore été rabattues.
Création d'un soufflet
Le soufflet est un dispositif qui permet que le dos ne soit pas collé directement sur l'ouvrage. Ainsi lorsque l'on ouvre le livre, un espace vide apparaît entre le dos et le corps d'ouvrage, ce qui facilite l'ouverture du livre sans abimer le dos. En reliure classique, ce rôle est usuellement rempli par le "faux-dos".
Les photos suivantes illustrent la construction du soufflet.
- la largeur est mesurée sur le dos du livre à l'aide d'une bande de papier
- le longueur est égale à la hauteur des cartonnages (et non des cahiers).
La pièce (b) est une bande de papier Kraft trois fois plus large que la pièce (a), et de même hauteur.
On élague la pièce (a) sur ses 2 bords, puis on la colle au centre de la pièce (b). On referme les 2 volets de la pièce (b) en les collant l'un sur l'autre, de façon à former un tube (le vide est visible sur la photo 11). On a également dégagé la face papier sur 20mm à chaque extrémité, comme on peut le voir sur la photo 10.
La photo 12 illustre la préparation du collage du soufflet. L'ouvrage est disposé dans la presse. L'éponge sert à humecter le soufflet pour le rendre suffisamment malléable et propre à épouser l'arrondi du dos.
On encolle (colle plastique) le soufflet sur sa surface (c) (photo 12) en veillant bien à ce que les zones dégagées (e1) et (e2) ne reçoivent aucune trace de colle. Puis on applique (c) sur (d) en observant un centrage précis du soufflet. On doit assurer un collage parfait du soufflet, bien adhérent sur ses bords. La photo 13 montre le soufflet en place.
Préparation intérieure des plats
Les gardes couleurs grises, très délabrées, ne seront pas conservées. Leur partie volante a donc été supprimée.
Par contre il est assez délicat de décoller complètement la garde collée. Si elle ne montre pas de signe de décollement initial (dû à l'humidité), il est préférable de la conserver. On se contentera de la dégager sur les remplis, la partie centrale restant comme "comblage". La limite des remplis est en général visible par un léger relief. On marque cette limite à la pointe (photo 14). En humectant le papier le long des remplis, on le dégage alors facilement en le grattant avec la pointe.
Dans le cas seulement où la garde collée montre des zones de décollement, alors il faut absolument la décoller complètement à l'éponge et à la pointe, mais c'est un travail extrêmement fastidieux.
La photo 15 montre les 2 plats ainsi traités. Les remplis ont été dégagés. Ils ont été relevés en (b1), (b2), (b3), (b4) sur environ 15 mm. Enfin ils ont étés recolorés à la teinture rouge.
La surface papier a été poncée de façon à égaliser les zones déchirées, particulièrement le long des arêtes (a1), (a2). Dans le cas présent (assez rare), le 1er plat présentait des reliefs (visibles sur la photo 1) que l'on retrouve au revers (photo 15). On peut choisir soit de combler ces creux avec de la pâte à papier (rapure de papier agglomérée avec de la colle), soit de les laisser apparents. C'est ce dernier choix qui a été adopté.
Pour une meilleure finition, on pourra après reconstruction de l'ouvrage, coller un papier kraft sur ces revers et le poncer. Dans le cas présent, je n'ai pas retenu cette option.
Préparation extérieure des plats
Comme on peut le voir sur la photo 16, en (a) et (b), les angles des plats sont soit effilochés, soit dégarnis. J'ai exposé la technique de réparation dans mon message du 8 Mai.
Le tissu du 4ème plat, qui était partiellement décollé a été recollé sur place. Une couche de teinture rouge a été" appliquée pour raviver les plats et "fondre" les petits défauts. Pour cette opération, j'ai protégé les filets dorés en les enduisant de cire liquide au pinceau fin (solution personnelle).
La photo 17 montre les plats ainsi préparés.
Sur la photo 18, on a soulevé le tissu (percaline) d'au moins 10 mm du côté des mors. Afin que cette intervention soit peu visible, on arrête en général ce soulèvement sur une ligne du motif imprimé, ainsi le relief du cadre décoratif visible en (c) sur la photo 18.
Le premier plat ne présentait pas une telle ligne caractéristique. J'ai l'habitude dans ce cas (solution personnelle) de ménager, au scalpel et à la pointe, une petite rainure visible en (d), qui délimitera proprement la zone d'intervention.
Pose de la toile de renfort au dos
Avant tout, on régularise la coupe du tissu, généralement effiloché, sur chaque plat, en le recoupant au scalpel (lame quasiment neuve) sur un zinc (photo 19, coupe (a) pour le premier plat). Je préconise une recoupe à minima, quitte à laisser quelques manques.
On a mesuré à la bande de papier la largeur de tissu nécessaire pour couvrir le dos et les zones dénudées des plats. On coupe une bande de tissu neuf (notée (b) sur la photo 20) de cette largeur plus 1,5cm, de hauteur égale à la hauteur des cartons plus 4cm.
Sur la photo 20, on a positionné le premier plat sur le corps du livre, maintenu par des serre-joints. A ce stade, il est important d'assurer un positionnement parfait du plat par rapport à l'ouvrage (respect des chasses, ajustement parfait au niveau du dos). On encolle ensuite la zone dénudée du plat (colle flexible) et l'on pose le tissu (b) au fond de la zone nue. Dans le cas présent (présence de la rainure), on forme bien la rainure au plioir. Enfin on rabat le tissu d'origine que l'on colle sur la toile de renfort (en soignant à nouveau la rainure).
On peut maintenant encoller le soufflet et rabattre la toile de renfort sur le dos. La photo 21 montre le résultat des opérations précédentes.
On retourne le livre et l'on pose le 2ème plat sur l'ouvrage. On ajuste son positionnement à l'équerre, visible à droite sur la photo 22. En enfonçant la toile jusqu'au fond de la zone nue, ainsi en (d) sur la photo 22, on marque au crayon la limite du tissu à couper. En marquant ainsi 2 ou 3 repères, on peut couper le tissu au scalpel, sur le zinc, à la dimension exacte. Le tissu ainsi recoupé est alors collé comme précédemment sur le plat, puis la percaline d'origine rabattue et collée sur le tissu neuf.
La photo 23 montre le résultat de cette étape.
Fermeture tête et queue
La fermeture du tissu en tête et en queue est la même qu'en reliure traditionnelle.
La figure 14 montre l'état de départ, par ex en queue. On peut éventuellement recouper le tissu à environ 15mm de débord. Sur la figure 25 on vérifie au petit plioir les passages (ici en (a)) entre le soufflet et l'ouvrage. Sur la figure 26, on montre l'insertion du tissu, après l'avoir enduit de colle. Ici je conseille fortement l'utilisation de la colle de pâte, et non la colle rapide, afin de pouvoir travailler correctement la forme de l'ensemble. Sur la figure 27, on voit le retour du tissu de renfort en (c) et le rempli relevé en (d) que l'on rabattra et collera successivement. Enfin sur la figure 28, on forme les "oreilles" (e) en les enduisant de colle de pâte, puis en les creusant au plioir.
Récupération du dos d'origine
Le dos d'origine, soigneusement décroûté au revers (photo 29), est recoupé à minima (même si quelques lacunes subsistent) (photo 30). On le colle ensuite à la colle de pâte sur la toile de renfort (photo 31).
Comme pour les plats, on a ravivé la couleur à l'aide de la teinture en protégeant les titres et motifs à la cire liquide.
Pose des gardes couleurs (neuves)
Ici encore, je ne vais pas beaucoup innover par rapport à la reliure classique.
Les gardes couleurs sont coupées à la hauteur du carton moins 2mm, soit h, et à la longueur du livre déplié plus 2cm, soit L (photo 32). On veillera particulièrement au sens du papier, la longueur L correspondant au sens d'allongement naturel du papier. Puis on mesure au compas la plus grande chasse. La page de garde est positionnée sur le livre ouvert (photo 32). On veille à ce qu'elle couvre assez largement la page du livre en (g). On préforme le pli selon (a). Puis on reporte le compas sur les 3 côtés libres de la page; ce sont les traits (c) de la photo 33. A partir de ces repères, on recoupe la page sur la zone collée. La photo 34 la montre coupée et retournée, et l'on a tracé un trait (b) au crayon léger pour délimiter la zone de collage.
La photo 35 montre l'encollage à la colle de pâte de la demi-garde (e) et du plat (d). On effectue l'encollage en chassant l'air au chiffon à partir du centre. La colle de pâte permet un positionnement précis et tranquille.
La photo 36 montre la finalisation du collage, cette fois à la colle flexible. Avec une macule on laisse apparente une bande (f) de 5mm de large sur le première page du livre, le long de la charnière. On rouvre un peu l'encollage du dos en (k) et l'on enduit la bande charnière de (k) à (f) de colle rapide, sans excès. L'application effective de la colle se fait en maintenant le livre ouvert à 60 degrés (photo 37), position qu'il ne quittera plus jusqu'au séchage (20 minutes environ). On prendra soin de bien forcer la page de garde en fond de charnière à l'aide du plioir droit utilisé sur sa longueur, et/ou d'une règle.
La recoupe des gardes couleur est illustrée sur les photos 38 à 40.
Photo 38, on trace le contour (a) de l'ouvrage sur la page de garde. Ce tracé est visible sur la photo 39 suivant les lignes (b). On recoupe sur le zinc la page de garde le long des lignes (b), à l'intérieur du trait.
Le résultat est représenté par la photo 40
Finitions
Aucune restauration ne va sans quelques finitions.
La colle de pâte fait merveille pour consolider des bords, des coins, pour raffermir le tracé des mors, etc...
Des retouches de teinture (ou peinture) sont souvent nécessaires. Personnellement, je termine souvent par une petite couche de cire lustrée au chiffon.
Dans le cas présent, le résultat final est montré sur les photos 41 à 45.
Pour terminer, je prend 1m de recul et je tire les leçons de mon travail, histoire de faire mieux la prochaine fois.
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