lundi 21 octobre 2013

Atténuer les rousseurs des livres du XIXème et début XXème.

                                                                                                                                       Classe B

Les ouvrages du XIXème siècle et début XXème, essentiellement dans la tranche 1850-1914,  présentent souvent des rousseurs plus ou moins prononcées (la photo 3 ci-après en montre un exemple).
Ces rousseurs, clairement, ne proviennent pas de la manipulation. On considère qu'elles sont apparues au cours du temps du fait de l'acidité du papier. Une explication fréquemment donnée proviendrait du chlore résiduel lié au blanchiment de la pâte de bois, qui au début du XIXème, a progressivement remplacé le papier de chiffon. Sur cette piste, je me risque à une explication, peut être fausse: le chlore résiduel + de l'hydrogène facile à trouver (dans les molécules d'eau), et voilà de l'acide chlorhydrique HCl, prêt à attaquer méchamment votre ouvrage préféré.

La difficulté d'éradiquer ces rousseurs est notoire, tant est si bien que les relieurs (amateurs, et même, à ma connaissance, professionnels), préfèrent ne pas s'y attaquer. Au niveau institutionnel (bibliothèques publiques, archives nationales), il semble que toute intervention sur ces rousseurs soit absolument prohibée.

Bien sûr, on peut pardonner à ces livres plus que centenaires ces marques de l'âge, qui n'épargnent pas plus les livres que nous-mêmes. Ainsi une certaine relieur (relieuse ?) me fit cette remarque: "nous en avons bien, nous, des tâches de rousseur !". Bon, bon,  ! Je veux bien, mais ce qui peut être un charme piquant pour une (et même un) humanoïde l'est-il encore pour un livre ? Et sinon, que faire ?

Et c'est là que votre Camille (Hello, Camille où es-tu ?) vient à votre secours avec célérité !

Maintenant, soyons clair !
     - la méthode décrite ci-après dégrade légèrement le papier. Elle est donc à proscrire absolument pour des documents "de patrimoine" (cf. ma discussion du  30 Mars 2013)
    - la méthode ne s'applique qu'à des papiers suffisamment épais. Heureusement, c'est le cas de beaucoup de livres populaires de la fin du XIXème - début XXème.
     - la méthode ne s'applique que pour des rousseurs peu profondes et en tout cas non traversantes. Si plus de 5% des rousseurs se retrouvent, même atténuées, sur l'autre face de la feuille, c'est que les rousseurs de cet ouvrage sont profondes et que l'on n'en viendra pas à bout. Mieux vaut renoncer dans ce cas.

Le principe en est très simple? Le matériel est illustré sur les photos 1 et 2.

L'outil principal est le morceau de papier abrasif. Des chûtes du papier généralement utilisé en reliure (la tomate) font très bien l'affaire.
A côté: la gomme, le plioir de forme "spatule" (relevé à l'extrémité), une lame de carton habillée de papier de verre à l'extrémité, un scalpel à lame numéro 15 (photo2) seront éventuellement utiles, sans être indispensables.


Traitement d'une rousseur

Les photos ci-après montrent une page avant/après traitée selon la méthode proposée.



On essaiera la gomme en premier lieu, de façon à ne pas confondre une rousseur avec une trace "sale".
Poncer la rousseur avec le papier abrasif. Si la rousseur est peu profonde, elle aura pratiquement disparu après un léger ponçage. Si elle est plus profonde, on acceptera qu'elle soit simplement atténuée, mais dans tous les cas on évitera d'ôter plus d'un tiers de l'épaisseur du papier.

La lame de carton abrasive permet de travailler légèrement entre les lignes de texte, voire les lettres. Il faut cependant éviter d'attaquer le texte.

Le scalpel peut être utilisé avec précaution pour enlever une fine pelure de papier, soit par incision, soit par grattage. Il permet des interventions plus localisées que le papier de verre (piquages de rouille).

Les photos 5 et 6 montrent une intervention à l'intérieur du texte. La présence d'une rousseur de forme rectangulaire probablement due à une image qui a été conservée dans le livre traverse le texte. La trace a pu être atténuée (mais non éradiquée) par un usage conjugué de la lame abrasive et du papier abrasif.


Restitution du glaçage du papier

Le passage du papier de verre donne au papier traité un aspect rugueux. La gomme permet de restituer un peu le glaçage, mais un "surfaçage" appuyé du papier à l'aide du plioir "spatule" donne un bien meilleur résultat.


samedi 24 août 2013

Réalisations de l'année

Ouf ! c'est fini !
Et c'est accessible sous le lien dans la colonne de droite: "Restaurations et reliures 2013".

Bigre ! quel boulot ! prendre les photos, constituer les dossiers, s'y retrouver dans Google+ (pas une sinécure), raccrocher tout ça dans le blog !
Enfin c'est fini. J'y ai tout mis, depuis Septembre 2012 à aujourd'hui, en 3 rubriques:
  - mes restaurations de l'année
  - mes reliures. Bon, entendons nous, je ne cultive pas la reliure d'art ! Enfin, quoi ! je fais ce que je peux !
  - quelques interventions "mineures", genre "restaurer une coiffe", "reprendre des pages tâchées"... Bon ! mais, blague à part, une intervention "mineure", ça peut prendre beaucoup de temps.

Et j'ai enrichi ma rubrique des restaurations 2010-2012 en y rajoutant mes reliures (d'art ? hum!...) et quelques interventions "mineures" dans la période. Et le lien devient "Restaurations et reliures 2010-2012".

Voilà ! Et si ça dit à quelqu'un d'aller y voir, je conseille de lancer un diaporama, simplement en double cliquant sur la première photo ! Car en présentation Google, ça fait un peu pagaille !

mercredi 31 juillet 2013

Chronique d'une restauration de base

Je profite d'un ouvrage qui m'a semblé idéal pour illustrer une opération de restauration assez typique, point trop difficile mais point trop facile non plus. Les techniques que j'ai utilisées ici sont celles que l'on retrouve dans la majorité des cas, et qu'il faut donc bien maîtriser (je le dis aussi pour moi-même). Quelques perfectionnements plus avancés, voire exploratoires, seront signalés au passage, et devront être considérés comme des propositions hors-standards.

Les photos ci-après illustrent l'état initial de l'ouvrage.

Bilan initial

Avant toute restauration, il est important de faire un bilan d'état de l'ouvrage, de façon à avoir une idée assez claire du "possible" et de l"impossible" ... et ne pas risquer d'être déçu.
D'emblée, le livre est "explosé", et devra donc être recousu. Par contre, les pages sont relativement propres et demanderont peu de travail.
La couverture est en mauvais état. On voit des boursouflures d'humidité sur le 2ème plat. Une partie est même franchement décollée. Cette partie pourra être recollée, mais  la plupart des boursouflures ne pourront pas être résorbées. On voit également que le dos présente des manques. La toile de renfort sera donc visible dans ces zones.
Les gardes couleurs grises sont assez délabrées, avec des manques au niveau des anciens rubans. Je ferai le choix de les remplacer à neuf. Il faut être conscient que la conservation des gardes couleurs est souvent très délicate, voire décevante.  Personnellement, je préfère en général sacrifier un peu l'authenticité stricte de l'ouvrage et opter pour leur remplacement. Je reconnais toutefois que ce choix peut être discuté.
La couleur rouge du tissu (percaline) est une teinte classique pour beaucoup de livres du XIXème. Une toile d'un coloris très proche se trouve facilement dans le commerce (Relma Paris). Un teinture liquide également très approchante se trouve au rayon des teintures cuir (Marque Saphir, plutôt par Internet que chez les cordonniers, qui ne vendent plus guère que des crèmes).

Débrochage, nettoyage, pose d'onglets et couture

Il n'y a pas lieu d'insister sur cette phase, qui fait partie des bases de la reliure. Notons cependant quelques particularités.

 D'abord, on ne pourra ni ébarber les feuillets, ni rogner la tête d'ouvrage, le format étant imposé par la couverture. De la sorte, on sauvegardera ainsi les tranches dorées, s'il y en a.


Par ailleurs, on remarque sur la photo 5 que 6 fentes de grecquage ont été reprises parmi les 12 anciennes fentes (technique du XIXème), de façon à loger 2 chaînettes et 4 ficelles dans un positionnement non-standard. Le fait de reprendre d'anciennes fentes plutôt qu'en créer de nouvelles selon les gabarits usuels assure une meilleure restitution de l'alignement des cahiers, et par conséquent des dorures de tranches.




Endossure, mousseline et Krafts

 Cette étape fait également partie des bases de la reliure.


Après endossure sur la presse à endosser, on pose la mousseline, les comètes (tranchefiles) et les krafts puis on ponce comme il est d'usage.
Les ficelles sont coupées à 15 mm environ, partagées en deux et chaque demi-ficelle est rabattue et collée dans le mors de l'ouvrage. Sur la photo 8 on aperçoit 2 ficelles sur les 4 qui n'ont pas encore été rabattues.

 Création d'un soufflet

Le soufflet est un dispositif qui permet que le dos ne soit pas collé directement sur l'ouvrage. Ainsi lorsque l'on ouvre le livre, un espace vide apparaît entre le dos et le corps d'ouvrage, ce qui  facilite l'ouverture du livre sans abimer le dos. En reliure classique, ce rôle est usuellement rempli par le "faux-dos".

Les photos suivantes illustrent la construction du soufflet.


On découpe une bande de carton bulle, la pièce (a) de la photo 9 (carton de grade 3 pour un livre moyen à 5 pour un livre épais) dont les dimensions sont les suivantes:
- la largeur est mesurée sur le dos du livre à l'aide d'une bande de papier
- le longueur est égale à la hauteur des cartonnages (et non des cahiers).

La pièce (b) est une bande de papier Kraft trois fois plus large que la pièce (a), et de même hauteur.

On élague la pièce (a) sur ses 2 bords, puis on la colle au centre de la pièce (b). On referme les 2 volets de la pièce (b) en les collant l'un sur l'autre, de façon à former un tube (le vide est visible sur la photo 11). On a également dégagé la face papier sur 20mm à chaque extrémité, comme on peut le voir sur la photo 10.
La photo 12 illustre la préparation du collage du soufflet. L'ouvrage est disposé dans la presse. L'éponge sert à humecter le soufflet pour le rendre suffisamment malléable et propre à épouser l'arrondi du dos.
On encolle (colle plastique) le soufflet sur sa surface (c) (photo 12) en veillant bien à ce que les zones dégagées (e1) et (e2) ne reçoivent aucune trace de colle. Puis on applique (c) sur (d) en observant un centrage précis du soufflet. On doit assurer un collage parfait du soufflet, bien adhérent sur ses bords. La photo 13 montre le soufflet en place.

Préparation intérieure des plats

 Les gardes couleurs grises, très délabrées, ne seront pas conservées. Leur partie volante a donc été supprimée.


Par contre il est assez délicat de décoller complètement la garde collée. Si elle ne montre pas de signe de décollement initial (dû à l'humidité), il est préférable de la conserver. On se contentera de la dégager sur les remplis, la partie centrale restant comme "comblage". La limite des remplis est en général visible par un léger relief. On marque cette limite à la pointe (photo 14). En humectant le papier le long des remplis, on le dégage alors facilement en le grattant avec la pointe.
Dans le cas seulement où la garde collée montre des zones de décollement, alors il faut absolument la décoller complètement à l'éponge et à la pointe, mais c'est un travail extrêmement fastidieux.
La photo 15 montre les 2 plats ainsi traités. Les remplis ont été dégagés. Ils ont été relevés en (b1), (b2), (b3), (b4) sur environ 15 mm. Enfin ils ont étés recolorés à la teinture rouge.
La surface papier a été poncée de façon à égaliser les zones déchirées, particulièrement le long des arêtes (a1), (a2). Dans le cas présent (assez rare), le 1er plat présentait des reliefs (visibles sur la photo 1) que l'on retrouve au revers (photo 15). On peut choisir soit de combler ces creux avec de la pâte à papier (rapure de papier agglomérée avec de la colle), soit de les laisser apparents. C'est ce dernier choix qui a été adopté.

Pour une meilleure finition, on pourra après reconstruction de l'ouvrage, coller un papier kraft sur ces revers et le poncer. Dans le cas présent, je n'ai pas retenu cette option.

Préparation extérieure des plats

Comme on peut le voir sur la photo 16, en (a) et (b), les angles des plats sont soit effilochés, soit dégarnis. J'ai exposé la technique de réparation dans mon message du 8 Mai.

Le tissu du 4ème plat, qui  était partiellement décollé a été recollé sur place. Une couche de teinture rouge a été" appliquée pour raviver les plats et "fondre" les petits défauts. Pour cette opération, j'ai protégé les filets dorés en les enduisant de cire liquide au pinceau fin (solution personnelle).
La photo 17 montre les plats ainsi préparés.

Sur la photo 18, on a soulevé le tissu (percaline) d'au moins 10 mm du côté des mors. Afin que cette intervention soit peu visible, on arrête en général ce soulèvement sur une ligne du motif imprimé, ainsi le relief du cadre décoratif visible en (c) sur la photo 18.

Le premier plat ne présentait pas une telle ligne caractéristique. J'ai l'habitude dans ce cas (solution personnelle) de ménager, au scalpel et à la pointe, une petite rainure visible en (d), qui délimitera proprement la zone d'intervention.

Pose de la toile de renfort au dos

Avant tout, on régularise la coupe du tissu, généralement effiloché, sur chaque plat, en le recoupant au scalpel (lame quasiment neuve) sur un zinc (photo 19, coupe (a) pour le premier plat). Je préconise une recoupe à minima, quitte à laisser quelques manques.



On a mesuré à la bande de papier la largeur de tissu nécessaire pour couvrir le dos et  les zones dénudées des plats. On coupe une bande de tissu neuf (notée (b) sur la photo 20)  de cette largeur plus 1,5cm, de hauteur égale à la hauteur des cartons plus 4cm.

Sur la photo 20, on a positionné le premier plat sur le corps du livre, maintenu par des serre-joints. A ce stade, il est important d'assurer un positionnement parfait du plat par rapport à l'ouvrage (respect des chasses, ajustement parfait au niveau du dos). On encolle ensuite la zone dénudée du plat (colle flexible) et l'on pose le tissu (b) au fond de la zone nue. Dans le cas présent (présence de la rainure), on forme bien la rainure au plioir. Enfin on rabat le tissu d'origine que l'on colle sur la toile de renfort (en soignant à nouveau la rainure).

On peut maintenant encoller le soufflet et rabattre la toile de renfort sur le dos. La photo 21 montre le résultat des opérations précédentes.

On retourne le livre et l'on pose le 2ème plat sur l'ouvrage. On ajuste son positionnement à l'équerre, visible à droite sur la photo 22. En enfonçant la toile jusqu'au fond de la zone nue, ainsi en (d) sur la photo 22, on marque au crayon la limite du tissu à couper. En marquant ainsi 2 ou 3 repères, on peut couper le tissu au scalpel, sur le zinc, à la dimension exacte. Le tissu ainsi recoupé est alors collé comme précédemment sur le plat, puis la percaline d'origine rabattue et collée sur le tissu neuf.

La photo 23 montre le résultat de cette étape.

Fermeture tête et queue

La fermeture du tissu en tête et en queue est la même qu'en reliure traditionnelle.

 La figure 14 montre l'état de départ, par ex en queue. On peut éventuellement recouper le tissu à environ 15mm de débord. Sur la figure 25 on vérifie au petit plioir les passages (ici en (a)) entre le soufflet et l'ouvrage.  Sur la figure 26, on montre l'insertion du tissu, après l'avoir enduit de colle. Ici je conseille fortement l'utilisation de la colle de pâte, et non la colle rapide, afin de pouvoir travailler correctement la forme de l'ensemble. Sur la figure 27, on voit le retour du tissu de renfort en (c) et le rempli relevé en (d) que l'on rabattra et collera successivement. Enfin sur la figure 28, on forme les "oreilles" (e) en les enduisant de colle de pâte, puis en les creusant au plioir.

Récupération du dos d'origine

Le dos d'origine, soigneusement décroûté au revers (photo 29), est recoupé à minima (même si quelques lacunes subsistent) (photo 30). On le colle ensuite à la colle de pâte sur la toile de renfort (photo 31).
Comme pour les plats, on a ravivé la couleur à l'aide de la teinture en protégeant les titres et motifs à la cire liquide.



Pose des gardes couleurs (neuves)

Ici encore, je ne vais pas beaucoup innover par rapport à la reliure classique.

Les gardes couleurs sont coupées à la hauteur du carton moins 2mm, soit h, et à la longueur du livre déplié plus 2cm, soit L (photo 32). On veillera particulièrement au sens du papier, la longueur L correspondant au sens d'allongement naturel du papier. Puis on mesure au compas la plus grande chasse. La page de garde est positionnée sur le livre ouvert (photo 32). On veille à ce qu'elle couvre assez largement la page du livre en (g). On préforme le pli selon (a). Puis on reporte le compas sur les 3 côtés libres de la page; ce sont les traits (c) de la photo 33. A partir de ces repères, on recoupe la page sur la zone collée. La photo 34 la montre coupée et retournée, et l'on a tracé un trait (b) au crayon léger pour délimiter la zone de collage.
La photo 35 montre l'encollage à la colle de pâte de la demi-garde (e) et du plat (d). On effectue l'encollage en chassant l'air au chiffon à partir du centre. La colle de pâte permet un positionnement précis et tranquille.
La photo 36 montre la finalisation du collage, cette fois à la colle flexible. Avec une macule on laisse apparente une bande (f) de 5mm de large sur le première page du livre, le long de la charnière. On rouvre un peu l'encollage du dos en (k) et l'on enduit la bande charnière de (k) à (f) de colle rapide, sans excès. L'application effective de la colle se fait en maintenant le livre ouvert à 60 degrés (photo 37), position qu'il ne quittera plus jusqu'au séchage (20 minutes environ). On prendra soin de bien forcer la page de garde en fond de charnière à l'aide du plioir droit utilisé sur sa longueur, et/ou d'une règle.



La recoupe des gardes couleur est illustrée sur les photos 38 à 40.
Photo 38, on trace le contour (a) de l'ouvrage sur la page de garde. Ce tracé est visible sur la photo 39 suivant les lignes (b). On recoupe sur le zinc la page de garde le long des lignes (b), à l'intérieur du trait.
Le résultat est représenté par la photo 40






Finitions

Aucune restauration ne va sans quelques finitions.

La colle de pâte fait merveille pour consolider des bords, des coins, pour raffermir le tracé des mors, etc...

Des retouches de teinture (ou peinture) sont souvent nécessaires. Personnellement, je termine souvent par une petite couche de cire lustrée au chiffon.
Dans le cas présent, le résultat final est montré sur les photos 41 à 45.



Pour terminer, je prend 1m de recul et je tire les leçons de mon travail, histoire de faire mieux la prochaine fois.

mercredi 12 juin 2013

L'onglet rapide ou l'onglet à "Super-Roger"

Tout le monde admettra que la pose des onglets est une tâche absolument fastidieuse.

Heureusement, il y a Super-Roger, haute figure de la Reliure du Mardi.
Je sais, mes innombrables lecteurs de tous les continents (je vais finir par y croire !) ne connaissent pas Super-Roger et la Reliure du mardi. J'en dirai un mot à la fin, après l'exposé technique.

Donc revenons à nos onglets. Il existe, c'est vrai, un produit du commerce appelé "filmoplast". Encore faut-il s'en procurer, c'est cher, et c'est rare. Par contre tout le monde connaît dans son coin une petite mercerie, ce petit magasin où l'on trouve tout; de quoi réparer les bretelles de Grand-père, le blue-jean du petit ou le rideau du salon. On demandera de la "vlieseline" (oui, ça s'écrit comme ça, j'ai vérifié, et ça se prononce...comme on peut ! De toute façon, la mercière comprendra). C'est ce produit qu'utilisent les femmes paresseuses (qui a dit "presque toutes" ?), pour réparer les petits accrocs et éviter de repriser. Ca se pose au fer à repasser... et le plus fort, c'est que ça tient, même les culottes du garnement, c'est dire ! Alors les feuilles de papier.... Bon ! ça se vend au mètre, 9 Euros le mètre à la Mercerie du Marché à Draveil; et avec 1 mètre vous avez de quoi restaurer la Bibliothèque Nationale !

La suite des opérations est illustrée par les photos.

La photo 1 montre le feuillet à réparer par un onglet, la photo 2 l'onglet coupé dans la "vlieseline" et la photo 3 un bête fer à repasser réformé.


Les photos suivantes montrent les opérations.        
Photo 4: on pose l'onglet sur le pli du feuillet. Photo 5, on applique le fer à repasser, à basse température.

Enfin photo 6: l'onglet est collé, presque invisible.

Là franchement, si c'est raté, c'est que vous avez oublié de brancher le fer, ou que vous avez mis l'onglet en travers de la page. Mon conseil, dans ce cas, faire réviser vos lunettes.

Maintenant, un mot sur La Reliure du mardi et Super-Roger.
La Reliure du mardi, c'est un peu comme le Carnaval des Fous. Au moyen-âge, ce jour là on avait de droit de tout faire à l'Eglise ; et même les clercs ne s'en privaient pas ! Saucisonner sur l'autel, chanter des chansons paillardes, etc..
Le Mardi des Lieurs, c'est un peu pareil ! Notre professeure attitrée Marie-Odile n'officie que le Samedi. Alors le Mardi, vous pensez, tout est permis  ! Coudre les livres à l'envers, hurler le chant du 17 ème (souvenirs de régiment), pousser la chanson paillarde ou picoler le rhum réunionnais de Pierrot... Sans doute, il s'en suit quelques points à reprendre le Samedi.... Mais enfin, on rigole !

Et Super-Roger, dans tout ça ?  Et bien, Roger, c'est le jeune homme appliqué de la Photo 7. Jamais à court d'une histoire ou d'une idée farfelue... même quelquefois une bonne idée ! C'est dire ! Parce que la "vlieseline", c'est lui ! Génial, non ?

La photo 8 montre quelques habitués du Mardi: à gauche au fond Edmond le percepteur, au milieu Paul sur son 56ème lectionnaire, à sa droite Roger sortant une dernière blagounette, au fond Anne accrochée à son vieux dictionnaire. Manque Serge à la recherche du temps perdu (on pense qu'il l'a trouvé), Claude qui réussira bientôt à ressusciter Alphonde Daudet (gràce à son ADN), et Pierre à massacrer son pauvre Petit-Larousse (qui ne lui a rien fait). Et Camille ? Où il est Camille ?  Ben ! derrière l'objectif, malin !

dimanche 2 juin 2013

Le quart d'heure culturel: la reliure en peau humaine

Brrrrrr ! Ca existe, ça ? En tout cas, ça a existé !
Et pas si loin que ça, puisque l'observatoire Camille Flammarion à Juvisy en possède un !

Je prend mes informations sur le Net, comme d'habitude. Vous me direz (je m'adresse aux milliers de lecteurs qui me lisent, c'est sûr) que vous pouvez les trouver vous-mêmes, puisqu'à cet instant vous y êtes sur le Net. Mais voilà, c'est que je les ai résumées pour vous ! C'est pas cool, ça !

Donc l'"Anthropodermic bibliopegy" (rien que là, ça fait peur), remonte au moins au 17e siècle. C'était même apparemment une pratique courante, puisque (je cite) "il y avait des fabriques où l'on tannait la peau humaine, absolument comme le cuir de bœuf et de cheval, et l'on en faisait de beaux volumes qui se vendaient à un prix fou".
On utilisait surtout des cadavres de criminels. (Je cite encore) "La peau des hommes avait une consistance et un degré de bonté supérieurs à la peau des chamois ; celle des femmes présentait moins de solidité, a raison de la mollesse des tissus" (Allons, c'est quand même plus doux !). Il parait que la peau ainsi préparée ressemblait à du veau, mais certains disent "à du porc"; (moi je pense que ça dépendait de son premier propriétaire).


Les photos ci-dessus présentent quelques ouvrages de ce type, prélevées sur le Net.

Que reliait-on de la sorte ? N'importe quoi ! La Constitution de la République Française (avec la déclaration des droits de l'homme, bien sûr), dorée sur tranche, s'il vous plait; les mémoires d'un pendu (avec sa propre peau, c'est réel), le Coran (avec la peau d'un Chef de tribu arabe, vrai aussi), "la danse macabre" (c'est logique),  la Bible (pour la table de chevet?  Bonjour les cauchemars !), des ouvrages érotiques ou sado-maso (on prend la peau sur le vif ?) ... etc...

Mais venons en à notre livre de l'Observatoire Camille Flammarion de Juvisy.
L'histoire est relatée dans un journal :"Plaisir de Bibliophile, gazette trimestrielle des amateurs de livres modernes, (1926, tome II, Paris : Au Sans Pareil, 37, av. Kléber), et reproduite sur plusieurs sites du Net.

   "Au cours d’une soirée, on le présente (il s'agit de Camille Flammarion) à une délicieuse jeune femme de 28 ans, d’origine étrangère, mariée en France au comte de Saint-Ange, fort instruite et d’une intelligence très raffinée.

   L’étude des sciences la passionnait. Elle demanda au savant de lui révéler quelques-uns des mystères des mondes imaginaires et des mondes réels. Cette conversation fut un enchantement. Commencée à Paris, elle se continua dans la propriété que la dame et son mari possédaient dans le Jura.

   La comtesse, phtisique et sans illusion sur son état, parlait sans effroi de sa fin prochaine.

   De ce séjour mélancolique et singulièrement poétique, le souvenir fut resté délicieux si, à quelque temps de là, M. Camille Flammarion n’avait reçu la lettre suivante :

   « Cher Maître,

 J’accomplis ici le vœu d’une morte qui vous a étrangement aimé. Elle m’a fait jurer de vous faire parvenir, le lendemain de sa mort, la peau des belles épaules que vous avez si fort admirées « le soir des adieux », a-t-elle dit, et son désir est que vous fassiez relier dans cette peau, le premier exemplaire du premier ouvrage de vous qui sera publié après sa mort.

 Je vous transmets, cher Maître, cette relique comme j’ai juré de le faire et je vous prie d’agréer…..

   Docteur V….. »

 « J’avais admiré, en effet, ces superbes épaules le soir des adieux, raconta l’auteur des Merveilles célestes dans une interview, et je les avais là, maintenant, sur le bureau de ma salle à manger, m’inspirant d’autres sentiments.

   Que faire du cadeau ? Le renvoyer ? J’en avais bien la tentation. D’autre part, après réflexion, pourquoi ne pas remplir le vœu d’une femme dont le souvenir m’était agréable ? J’envoyai la peau à un tanneur qui, pendant trois mois, l’a travaillée avec le plus grand soin.

   Elle m’est revenue blanche, d’un grain superbe, inaltérable. J’en ai fait relier le livre qui était en cours de publication : Ciel et Terre. Cela fait une reliure magnifique. Il est maintenant dans ma bibliothèque de Juvisy. Les tranches du livre sont de couleur rouge, parsemées d’étoiles d’or, pour rappeler les nuits scintillantes de mon séjour dans le Jura. Sur la peau des épaules de la comtesse, j’ai fait graver, en outre, en lettres d’or : « Souvenir d’une morte. »


Bien qu'un peu morbide, cette histoire a quelque chose de touchant !
Malheureusement, je n'ai trouvé aucune photo de cet ouvrage sur le Net.

mercredi 8 mai 2013

Réparer les coins des livres toilés...

Les livres toilés, généralement couverts en percaline, ont souvent souffert du frottement, particulièrement au niveau des coins. Le carton apparaît alors à nu.

Si le manque de toile est petit, disons au dessous de 6mm de longueur, on se contentera généralement de le noyer de colle de pâte, puis après séchage, de peindre le bloc devenu dur dans la couleur du tissu. Afin que le bloc n'éclate pas à nouveau, il est important de bien faire pénétrer la colle entre les feuillets du carton qui se sont ouverts.

Si le manque de toile est plus important, alors il faut rajouter une pièce de tissu, si possible de la même couleur que la percaline, sinon d'une couleur plus claire que l'on pourra ajuster à la peinture.
Les photos ci-après indiquent la manière de s'y prendre.


La photo 1 montre l'état initial du coin à traiter. Le manque de toile est défini par la ligne PCQ. Au delà de P et Q, on a incisé le tissu dans la partie basse du carton sur 5mm de chaque côté (coupes PA et QB).
Il faut ensuite inciser la toile sur l'épaisseur du carton au niveau des points A et B. Ici, le cartonnage comportant un chanfrein, on incisera les lignes AA1 et BB1.

La photo 2 montre le revers du carton. On a dégagé les remplis jusqu'aux repères A et B. Ces remplis apparaissent relevés sur la photo, repliés le long des lignes AA2 et BB2. Les longueurs de ces lignes sont appelées a et b.

Photo 3: on découpe une pièce de toile de renfort dont les côtés sont, en se référant à la photo2, (BC+a+5mm) et (AC+b+5mm).
En reportant cette pièce sur la face apparente du carton (photo 1), tracer sur le renfort une ligne de façon à couvrir suffisamment le manque de toile mais sans excès. Ainsi sur la photo 1, cette ligne est définie par A1C1B1, et reportée de même sur la toile en figure 3. Notons que dans le cas présent, il aurait été maladroit de l’arrêter à la ligne droite  A1B1, qui produirait un effet disgracieux sur le plat, au final.

Sur la photo 4, on a coupé la partie de la toile de renfort au delà de cette ligne.
Sur la photo 5, on a relevé l'ancienne percaline jusqu'à la ligne A1C1B1, légèrement au delà. On a nettoyé les résidus de carton au dos de la percaline et sur le carton nu.
Sur la photo 6, on a rabattu  l'ancienne percaline pour vérifier que notre renfort couvre correctement le manque de toile.

Sur la photo 7, on a collé (colle de pâte) la toile de renfort sur l'endroit du carton et sur le chanfrein, en l'ajustant bien au niveau des coupes AA1 et BB1. Sur la photo 8, on a recoupé la toile de renfort à 45 degrés, comme on le fait usuellement en reliure toile.
Sur la photo 9, on a rabattu et collé la toile de renfort puis façonné l'angle comme à l'habitude en reliure.



Sur la photo 10, côté endroit, on a enfin rabattu l'ancienne percaline sur le renfort. Les franges éventuelles de la déchirure sont soit recoupées, soit noyées dans de la colle. L'aspect sombre disparaîtra au séchage (tout au moins si l'on travaille à la colle de pâte, ce que je recommande fortement).
Sur la photo 11, côté envers, on a rabattu et collé les pans de l'ancienne percaline (les remplis) sur la toile de renfort.

La photo 12 montre l'aspect fini du coin après séchage.

jeudi 2 mai 2013

Laver des pages à l'eau de Javel

Ce message traite de la possibilité de laver des pages de livre à l'eau de Javel. Ce sujet est fortement polémique. Par conséquent je tiens à préciser que je prends la méthode qui va être décrite et le message qui s'en suit sous mon entière et unique responsabilité.
Mlle Royer, notre formateur au club des Lieurs, par ailleurs anciennement restauratrice de livres à la BNF, est fermement opposée à cette pratique. Je respecte ce point de vue, qui trouve d'ailleurs à mon sens sa pleine justification lorsqu'il s'agit de documents de patrimoine. Mais comme j'en ai discuté dans mon message du 30 Mars, je pense que l'on peut, au moins dans des cas extrêmes, relaxer un peu cette contrainte lorsqu'il s'agit  de documents ayant connu une large diffusion, et dont la valeur est essentiellement affective.

Afin que les choses soient claires, j'insiste bien sur le fait que Mlle Royer n'est aucunement à l'origine de ma décision de mettre en oeuvre cette pratique, pas plus que du descriptif que je vais en faire ici.

Un cas difficile !!!

Les photos ci-après montrent quelques pages d'un ouvrage qui m'a poussé à cette solution "extrême".

A gauche, quelques pages avant l'opération, à droite les mêmes pages après l'opération.
Sur les deux ensembles, la photo 1 montre la page de faux-titre (premier feuillet), la photo 2 un feuillet intermédiaire (le feuillet 486-491), la photo 3 une gravure parmi d'autres, la photo 4 les pages 544-545 (dernières pages).

Comme on peut s'en douter au vu du premier ensemble où l'on voit la première et la dernière page, tout le livre est uniformément tâché au départ. Pensant me venir en aide, mon épouse me propose aimablement une poubelle, que je refuse, toutefois sans grande conviction.

Le cas est évidemment trop grave pour une solution "légère" du type proposée dans mon "post" du 20 Février. Par ailleurs, un essai de lavage d'une page à l'eau claire donne un résultat pitoyable. Je ne vois donc d'autre solution que de recourir à l'eau de Javel.




 
La photo ci-contre montre l'installation générale de mon atelier de lavage. Au fond, sur la "paillasse", les 4 bacs de lavage; à gauche, sur la table à tréteaux, la zone d'égouttage, puis au dessus la corde à linge pour le séchage.







La chaîne de lavage

Les photos ci-après montrent plus en détail la chaîne de lavage, avec ses 4 bacs. 1: traitement à l'eau de Javel, 2: premier rinçage, 3: Neutralisation à l'hyposulfite de sodium, 4: deuxième rinçage. Les feuilles circulent entre ces 4 bacs avant de passer au séchage.


La question se pose des dosages et des temps d'immersion.
L'eau de Javel agit en fonction de 3 paramètres: la température, la concentration et le temps de maintien dans le bain. J'élimine le facteur température qui ne joue que pour la première "fournée" de pages, ou bien à chaque régénération du bain. Le récipient est un ancien dessus de cuisinière, qui peut recevoir environ 5 litres d'eau. J'y dissous une pastille d'eau de Javel. Noter que le bain s'épuise assez vite, et qu'après 4 "fournées" de 2 feuillets, les tâches ne sont plus suffisamment éclaircies même après 8 heures de bain. Il faut donc déjà le régénérer.
Pour ce qui est du temps, je procède usuellement en 3x8, ce qui permet de fixer un rythme: matin au lever, milieu d'après-midi, soir au coucher. Noter que juste après une opération de régénération, le temps peut être plus court (Par ex. 3 heures).
La surface du bac Javel ne permet d'étaler que 2 feuillets avec une superposition partielle. On peut craindre des effets de "cache", une page cachant l'autre. J'ai malgré tout maintenu cette disposition (voir photo), afin de raccourcir la durée totale de l'opération. Aucun effet de "cache" ne s'est produit. Cependant je ne préconiserai pas de superposer plus de 2 feuillets dans le bac.

Le premier rinçage est effectué dans un bac contenant beaucoup d'eau. Les feuilles ont tendance à se superposer au fond du bac, ce qui peut faire craindre qu'elles soient insuffisamment lavées. C'est un problème pour lequel je n'ai pas pour l'instant de palliatif.

Le 3ème bac (un autre dessus de cuisinière) consiste en une neutralisation à l'hyposulfite de sodium (fixateur des anciens photographes). La quantité de produit préconisée est de 10g par litre. Par contre, je ne dispose d'aucun indicateur d'épuisement du bain. Je me suis donc contenté d'une régénération périodique, environ trois fois moins fréquente que l'eau de Javel.

Le 4ème bac consiste en un 2ème rinçage. Les questions qui se posent sont les mêmes que pour le premier. rinçage. L'idéal serait évidemment un rinçage en eau courante, mais il est impraticable pour le particulier.

Le séchage

Les photos ci-contre illustrent les opérations de séchage. La première photo montre l'égouttage des pages sur un lit de papier absorbant (Sopalin). La deuxième photo montre le séchage final sur corde à linge.

 L'égouttage sur papier absorbant est nécessaire car la fragilité de la feuille mouillée ne permet pas de l'étaler directement sur fil à linge. Cependant, après 8 heures d'égouttage, le feuillet peut être manipulé et installé à cheval sur le fil.

Remarques pratiques

Noter que les transferts de pages entre bacs sont d'une extrême délicatesse, la feuille mouillée étant devenue extrêmement fragile. De petits accrocs sont fréquents, et quelquefois de franches déchirures, qui nécessiteront après séchage une réparation au papier Japon.

On constatera en général que le papier est devenu très blanc. L'inconvénient est mineur pour un livre lavé entièrement, que l'on pourra laisser ainsi. Il est plus gênant pour un lavage partiel. Certains suggèrent le brunissage dans une eau de thé, de café, ou d'autres colorants. Personnellement je n'ai jamais obtenu de bons résultats pour cette opération, et pour l'instant je ne la pratique pas, faute de solution crédible.

Après séchage, les pages apparaissent légèrement froissées. On les défroisse très correctement par simple pressage dans la presse à balancier.

Reste la question de la perennité de l'opération dans le temps. Personnellement, mes premières expériences de lavage remontent aux années 1974-1975, soit près de 40 ans, lors de mon initiation à la reliure, dans des conditions de travail beaucoup plus sommaires. Je ne constate aujourd'hui aucune altération de ces  ouvrages, dont le papier est resté uniformément blanc.

Le lavage à l'eau de Javel peut aussi être appliqué dans le cas de "rousseurs". Le résultat est cependant, en général, moins convaincant que dans le cas précédent (mouillures). On n'y aura recours que pour des cas de rousseurs extrêmes, sachant que des "nuages" jaunes pourront éventuellement subsister au final.

Enfin on notera que le lavage d'un livre de 550 pages + 40 gravures (l'ouvrage ci-dessus), sur une base de lavage en 3x8 par paires de feuillets, plus quelques relavages pour cause de résultats insatisfaisants, nécessite environ 1 mois.
La restauration est un sport d'endurance !